UNIVERSITÉ DE PICARDIE JULES-VERNE – Une austérité budgétaire délétère pour les étudiant·es et le personnel

Publié le 19 février 2026

Université pluridisciplinaire (droit-éco, lettres-SHS, sciences et technologies, santé) et multisite (Amiens, Beauvais, Creil, Laon, Soissons, Saint-Quentin) rassemblant environ 32 000 étudiant·es, 900 EC, 450 enseignant·es du second degré et 1 150 Biatss, l’UPJV fait partie des universités les plus sous-dotées de France au regard de sa dotation par étudiant·e.

Son entrée dans le dernier classement de Shanghaï “ne pourra être qu’un élément facilitateur lors des dialogues avec nos tutelles”, affirmait son président dans un courriel envoyé le 19 août à tout le personnel. Cet optimisme béat s’est vite fracassé sur le mur de l’austérité budgétaire.

Ainsi le CA a voté un budget prévisionnel 2026 en déficit de 15 millions d’euros en décembre, mais a toutefois validé les campagnes d’emploi des EC (24 MCF et six PR) et des Biatss (13 postes). Malgré une mobilisation intersyndicale, le 12 juin 2025 une délibération du CA décisive pour l’avenir des étudiant·es et du personnel est intervenue : celle d’une baisse de 12 % du volume de l’offre de formation pour l’accréditation 2026-2031. Les élus FSU et des élus de la CFDT ont porté la contradiction, mais la décision a été prise par une majorité étriquée dont quelques abstentions notables dans la majorité présidentielle. Les conséquences de cette réduction drastique (54 000 heures) sont dures : -14 % d’heures de cours en licence et -12 % en master dans les futures maquettes, fermetures prévisibles et déguisées de masters (soumis à des seuils d’ouverture portés à 20 néo-inscriptions), détérioration et affaiblissement de la valeur des diplômes, reconfiguration des services pour les enseignant·es et les EC, etc. Cette décision en justifiera probablement d’autres, dont des suppressions massives de postes : l’éventualité d’une année blanche en recrutement en 2027 circule déjà et nécessitera l’union la plus large pour la combattre.

Fabrice Guilbaud et Jean-Philippe Morin, pour le bureau de la section SNESUP-FSU de l’université de Picardie Jules-Verne