UNIVERSITE STRASBOURG - Rassemblement droits différenciés - Communiqué intersyndical 21 mai 2026
Mais qui a peur du carnaval ?
Appel à soutenir la mobilisation
contre la censure du festival parodique "Bienvenue en France !",
les frais différenciés et le décret Baptiste,
devant le Palais Universitaire, jeudi 21 mai, 12H
Communiqué du 21 mai 2026
Ce jeudi 21 mai devait se tenir le festival « Bienvenue en France !», sous-titré « Les prix de la honte » ou « Une sélection par l'origine et par l'argent, pensée pour toutes et tous » selon les canaux de diffusion. Il n'y a là rien de diffamatoire ou de menaçant. L'Unistra est la première et la seule université à avoir radié une trentaine d’étudiant.esextracommunautaires insolvables en décembre et à continuer de refuser d'exonérer la trentaine d'autres étudiant.es restant actuellement sous la menace d'une désinscription - ce qui nous inspire effectivement de la honte. Il est également fondé de dire que cette politique, allant au-delà du cadre réglementaire actuel, a des effets d'éviction pour les étudiants étrangers pauvres, tout en constituant un ballon d'essai pour la généralisation de l'augmentation de ces frais à l'ensemble des étudiant.es.
Pour en donner quelques exemples, on trouvait, au programme de ce festival : le prix « Un certain regard » pour l'inventeur du nom « Bienvenue en France » afin de désigner lamultiplication par 16 du montant des frais censée améliorer notre « attractivité » et « l’accueil » des étudiants internationaux ; le prix « Nos institutions ont du talent » pour le Conseil d'État qui a choisi de considérer des frais d'inscription de 4.000€ comme « modiques » au regard du coût estimé d'une formation, et non des ressources étudiantes; le prix du « Meilleur scénario » pour « Il n'y a pas d'alternative » pour pointer une application locale trop rigoriste de la règle alors que le ratio actuel de 10% d'exonération n'est pas atteint (voir CP de l'intersyndicale du 12 mai). On l'aura compris, il s'agissait d'une action d'information et de mobilisation sur le mode de la parodie pour sensibiliser la communauté universitaire aux enjeux et problèmes soulevés par « Bienvenue en France » et par son durcissement dans le plan « Choose France for Higher Education » préparé par le ministre Baptiste.
Cette action décidée en Assemblée Générale a été communiquée auprès des étudiant·es et des personnels de l'Université pour les inviter à participer à cette action à la fois symbolique et festive. À cela, la présidence a répondu hier par un arrêté interdisant la tenue de l’évènement sur « tout le campus » et même « les réseaux sociaux » ! Dans cet arrêté, elle tente, de plus, de diviser personnels et étudiants en sous-entendant que l’intersyndicale des personnels n’aurait fait que relayer une initiative étudiante. La lutte pour l’abrogation de « Bienvenue en France » est portée de manière unitaire par l’ensemble des organisations étudiantes et syndicales de l’Unistra et des personnes mobilisé.es depuis plus d’un mois en AG et qui, pour avoir souvent eu envie de pleurer d'injustice (devant la violence faite à ces étudiant.es) ou de rage (face à la surdité de la présidence et sa communication dilatoire) avaient pris le parti d'essayer d'en sourire.
La présidence de l’Unistra s’inquiète d’une potentielle « atteinte à la dignité » des personnes ès-qualités susceptibles d'être nominé.es pour ces prix symboliques. Mais qu’en est-il de la dignité des étudiant·es de master étranger·ères qui, depuis cette année sont désinscrit ·es à la veille de leurs examens, de la dignité des étudiant ·es qui doivent choisir entre payer leur loyer et leurs frais d'inscriptions, de la dignité des étudiant ·es qui se voient dans l'impossibilité de continuer leurs études à cause de cette loi ? Qu’en est-il enfin de la dignité des 70% des étudiant·es étranger·ères qui seront mis ·es dans la même situation intolérable dès septembre 2026, puis 80% à la rentrée 2028 ? Car c’est le dernier coup d'accélérateur odieux du ministre Baptiste qui vient tout juste, dans la nuit d'hier à aujourd'hui etmalgré l'opposition quasi-unanime du CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche), de faire passer par décret une version plus dure encore de cette politique.
Il est inquiétant qu'une présidence d'Université, après s'être avérée particulièrement rétive à l'ouverture d'un dialogue avec les élu.es des conseils centraux et les représentant.es de l’intersyndicale, en arrive à interdire la dérision ou simplement l'expression publique contradictoire. Il faut peser la gravité de ce choix politique, encore jamais vu à Strasbourg. Faut-il le rappeler ? F. Berrod n'est pas critiquée en tant que F. Berrod, mais en tant que présidente d'Université qui doit assumer les critiques envers son action. Cela fait partie des devoirs de sa charge. Cette décision s'inscrit, en outre, dans une tendance répressive inquiétante ces derniers temps. Au début de l'année deux étudiantes syndicalistes à la FSE deux syndicalistes étudiantes (FSE) ont ainsi été exclues 1 an avec sursis pour s'être mobilisées contre une organisation étudiante d'extrême-droite, avec le même motif de « trouble à l’ordre public ». Jusqu'où ira la Présidence ?
Non contente de vouloir ouvrir un précédent fâcheux avec cet arrêté faisant actuellement l'objet d'un référé-suspension, la présidence espère parvenir à refermer le couvercle de la contestation en dépeignant les facétieux·ses en factieux·ses, interdit·es d'expression jusque sur les réseaux sociaux donc. Puisqu'il n'est plus possible d'en rire, nos organisations appellent à en parler plus sérieusement mais non sans un certain humour dans un rassemblement ce jeudi à 12h devant le Palais Universitaire avant de décider des suites à donner pour la journée nationale d’action du 26 mai.
Nous profitons aussi de ce message pour porter à votre connaissance la publication, par le média Rue89 Strasbourg, d’une lettre ouverte de l’AG des étudiant·es et personnels de l’Université de Strasbourg à Madame la Maire de Strasbourg et Madame la Présidente de l’Université de Strasbourg.
SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, FO ESR, Sud éducation Alsace,
FSE Strasbourg, Alternative Étudiante Strasbourg, Solidaires Étudiant·e·s Strasbourg, SES-CGT, SNTRS-CGT