UNIVERSITÉ D’ORLÉANS – Dérive autoritaire
Quand le droit du travail ne convient pas au président, il propose de le changer. Pourquoi se gêner ?
Depuis janvier 2024, le président Blond entend recouvrer des primes (plus d’un mois de salaire quand même) des collègues enseignants ou enseignants-chercheurs dont le service s’avère incomplet en fin d’année. Il retire une prime à quelqu’un parce que ses cours sont annulés à la suite d’une réduction du nombre de groupes TD en cours d’année ou, comme ce sera massivement le cas l’an prochain, lorsqu’une énième réforme de la formation des enseignants change complètement les maquettes et réduit les heures à répartir dans une discipline ou une composante. La moitié des 39 collègues concernés avaient obtenu gain de cause au CA en 2024, d’autres ont dû se tourner vers le tribunal administratif, la procédure est en cours.
L’interprétation du président de l’université d’Orléans est tellement choquante que le ministère a ajouté, spécifiquement pour lui, un paragraphe à l’occasion d’une « Fiche clarifiant la situation des ESAS ». Un établissement n’est autorisé à suspendre la prime (PES ou RIPEC C1) que « lorsqu’un enseignant n’accomplit pas l’intégralité des attributions individuelles de service telles qu’arrêtées par le président ou le directeur de l’établissement ». Ce n'est donc pas à chacun de se débrouiller pour trouver des heures en cours d’année.
Malgré ces éclaircissements, malgré nos multiples courriers, le président refuse de reconnaître la situation, d’annuler les procédures en cours et de rembourser les collègues injustement prélevés. En CSA, le 2 mars, il propose plutôt de faire changer les textes réglementaires pour imposer ses méthodes autoritaires à l’échelle nationale. Non, le président n’a pas le pouvoir d’appliquer la réglementation suivant ses humeurs, ni d’intimider celles et ceux qui s’inquiètent déjà des effets brutaux des réformes et de l’austérité budgétaire.
Ensemble, nous ne nous laissons pas intimider, nous défendons nos droits. Nous invitons les collègues à ne pas rester seuls et à se syndiquer au SNESUP-FSU.
La section SNESUP-FSU de l’université d’Orléans