UNIVERSITÉ DE TOURS – COMP : l’illusion des universités les plus mal financées

Publié le 30 avril 2026

L’université de Tours est l’une des universités les moins bien dotées au regard de ses 30 000 étudiants. Son président le répète à l’envi, réussissant à attirer l’attention médiatique locale. Les COMP sont ainsi présentés comme une opportunité de corriger la sous-dotation : l’université n’aurait rien à y perdre.

Rien n’est moins sûr. Déshabiller Orléans ou Poitiers pour habiller Tours dans un cadre national austéritaire reste illusoire. Et la logique de concurrence que cela induit est un poison pour l’ESR. Le risque d’un interventionnisme accru du rectorat sur les choix de l’université est, lui, bien réel : campagnes d’emploi, capacités d’accueil des formations, imposition des droits d’inscription Bienvenue en France, auxquels l’université pourrait ne plus déroger par exemple.

Tours est une ville moyenne. Son université est aussi un service public de territoire avec une dimension pluridisciplinaire tant pour l’enseignement que la recherche. Le poids accru des rectorats et la présence d’acteurs locaux dans les négociations qu’impliquent les COMP accentueront les logiques court-termistes de pseudo-efficience économique locale et d’employabilité. Cela nuira à la diversité disciplinaire, rabougrira l’offre de formation, d’autant plus que les collectivités locales accueillent à bras ouverts les établissements privés. Dans ce contexte, écoles d’ingénieurs, IUT, médecine, pharmacie et droit sauront probablement tirer leur épingle du jeu. Les UFR de lettres et sciences humaines, et sans doute de sciences et techniques, auront plus de souci à se faire.

Mobiliser les collègues sur ces sujets perçus comme « techniques » reste une gageure. Nul doute qu’un élan politique progressiste et unitaire serait un plus pour les impliquer dans les réflexions et les luttes syndicales.

La section SNESUP-FSU de l’université de Tours