UNIVERSITÉ DE ROUEN NORMANDIE – L’austérité conduit à la purge !

Publié le 2 septembre 2026

La situation budgétaire de l’université de Rouen Normandie (URN), catastrophique en raison du désengagement de l’État concernant le financement de certaines missions de service public, conduit l’établissement à adopter des mesures drastiques pour un «  retour à l’équilibre financier » . Plutôt que de prendre la tête d’une contestation de ces mesures imposées, la présidence de l’université négocie discrètement avec le rectorat ce qu’il est acceptable de couper et ce qui ne l’est pas, préférant conserver coûte que coûte la maîtrise des décisions difficiles.

C’est donc bien l’université qui décide, par le biais de son conseil d’administration, le gel de la moitié des emplois de titulaires en 2026 (60 postes), la suppression d’une trentaine de postes de CDD, la modification de la charte de gestion du personnel contractuel avec, à terme, la fin de toute possibilité de CDI, la fermeture du master M2E éducation musicale… L’université détruit des dizaines d’emplois de titulaires mais continue de s’enferrer dans le recours à trois postes de chaire de professeur junior (CPJ), alors que la majorité des établissements s’en sont détournés, puisque le ministère impose depuis cette année que toute création de CPJ soit « compensée » par la disparition d’un poste d’enseignant-chercheur titulaire !

Lors du dernier conseil d’administration, ce sont des années blanches totales en termes de recrutement de personnel titulaire qui ont été envisagées pour les années 2027 et 2028. Dans ces conditions, les arbitrages de la présidence ne sont certainement pas très différents de ceux du ministère ou de n’importe quelle agence de redressement des comptes.

Pierre-Emmanuel Berche, coordinateur des sections SNESUP-FSU de l’université de Rouen