Édito : Mobilisons-nous pour défendre le service public de l’ESR
En janvier dernier, les ministres Amélie de Montchalin et Philippe Baptiste ont lancé les Assises du financement des universités dont elle et il ont confié l’organisation à deux coprésidents en leur assignant l'« objectif d’[en] garantir l’impartialité » et leur demandant de les conduire en « concertation étroite avec l’ensemble des acteurs concernés ».
Ces assises ont commencé de manière assez désordonnée. Le programme des sept ateliers n’a pas été rendu public et les organisations invitées à l’une ou l’autre des réunions ont été triées selon des critères léonins. Le SNESUP-FSU n’a été convié ni à l’atelier sur l’immobilier, ni à celui consacré à la « diversification des ressources et [au] financement compétitif », pas plus qu’à celui sur « l’ancrage territorial ». En creux, on voit bien à quel rôle les organisateurs des assises veulent cantonner les organisations syndicales, qui, outre la plénière, ne sont appelées à participer qu’aux séances sur « la gestion des universités » et « les enjeux RH ». Même si la défense du personnel est au coeur des préoccupations du SNESUP-FSU, son rôle ne s’y limite pas. Il entend aussi porter une conception du service public et contribuer à préserver les missions premières de l’ESR.
Enfin, les assises se clôtureront par une rencontre avec les président·es d'université, mais un webinaire sera auparavant consacré à la présentation du rapport de l’IGF et de l’IGESR de janvier 2025, qui préconise « un modèle économique rénové laissant davantage de place aux ressources propres », notamment en augmentant les droits d’inscription. Une solution qui fait l’objet d’un nombre croissant de publications dans la presse. Le SNESUP-FSU s’oppose avec la plus grande fermeté à cette fausse solution, véritable tournant, qu’il considère comme un instrument de marchandisation et de tri social.
Protéger le service public de l’ESR est d’autant plus important dans le contexte actuel. Avec un scrutin municipal marqué par une droitisation en raison de la poussée constante de l’extrême droite et de ses alliances forgeant une union des droites poreuse à ses idées, le scrutin national des sénatoriales constituera un révélateur avant l’élection présidentielle de 2027. Au-delà d’une lutte contre l’extrême droite, ses idées et ses pratiques dont l’université n’est pas épargnée et constitue une cible de choix, le SNESUP-FSU aura à peser pour que l’université, le service public de l’ESR, puisse assurer un avenir à une jeunesse en attente d’un horizon désirable et pour la production et la diffusion de la science dans la société.
Cela commence dès maintenant pour que l’État assure le financement du service public de l'ESR et qu’il ne laisse pas les universités et ses agent·es dans l’incapacité de réaliser leurs missions. Dès aujourd’hui, engageons-nous pour un printemps des mobilisations !