Être enseignant·e du primaire et du secondaire dans le sup

Publié le 9 avril 2026

Dossier coordonné par RAYMOND GRÜBER et EMMANUELLE NIGUÈS

Les enseignants du second degré affectés dans le supérieur (ESAS) sont depuis toujours essentiels pour assurer le bon fonctionnement des enseignements dans les établissements. Si, pendant de longues années, enseigner à l’université pouvait attirer les collègues du secondaire, c’est de moins en moins le cas aujourd’hui. La dégradation des conditions de travail à l’université touche aussi les ESAS. En effet, malgré des obligations réglementaires de service n’imposant que de l’enseignement, les tâches annexes ont explosé. Par ailleurs, dans certaines composantes de l’université, le manque de personnel enseignant oblige les collègues à effectuer des heures supplémentaires lourdes et mal payées, surchargeant les services.

Dans ce dossier, nous vous proposons dans un premier temps de vous présenter les ESAS en chiffres dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR). La suite du dossier s’intéresse aux composantes où les ESAS occupent une place prépondérante. Dans les IUT, historiquement, les ESAS ont toujours été indispensables et représentent en moyenne 38 % des effectifs d’enseignants. Très présents également dans les Inspé, les ESAS subissent depuis des années les réformes successives de la formation des enseignants, mettant à mal les collectifs de travail, et une reprise en main par l’Éducation nationale qui installe un sentiment de délégitimation chez les collègues. Les professeurs d’éducation physique et sportive (PEPS) sont, quant à eux, très présents dans les Staps et les Suaps, où de nombreux collègues sont en souffrance faute de moyens.

Par ailleurs, les conditions d’exercice des ESAS dans les langues sont également très difficiles. En anglais, les ESAS représentent 61 % des enseignants titulaires, bien loin de la moyenne des 14 % dans l’ensemble de l’ESR, et ils doivent pour beaucoup multiplier les heures complémentaires et recruter les vacataires.

Enfin, ce dossier présente les nouveaux décrets ESAS publiés à l’été 2025. Nous vous proposons une analyse des nouveaux droits concernant les aménagements de service pour faire de la recherche. Malgré quelques avancées, le SNESUP-FSU continue de porter son mandat de création d’un dispositif d’intégration des ESAS docteurs qualifiés dans le corps des maîtres de conférences. Nous revenons également sur le décret relatif aux obligations réglementaires de service, pour lequel nous avons obtenu une reconnaissance plus explicite des activités hors enseignement exercées par les ESAS, avec l’obligation de faire l’objet d’un accord écrit de l’intéressé.

Sommaire :
  • Baisse des recrutements chez les enseignants du second degré affectés dans le supérieur, par EMMANUELLE NIGUÈS, pp.10-11
  • Les enseignants de statut second degré indispensables dans les IUT, par Caroline MAURIAT, p.12
  • Les ESAS en Inspé : entre injonctions paradoxales et déni de compétences, par MURIEL CORET, STÉPHANE COUTELLIER-MORHANGE, p.13
  • En EPS, des spécificités mais des enseignant·es à part entière, par PASCAL ANGER, p.14
  • Les difficiles conditions de travail des enseignant·es de langues et littératures, par le secteur SECOND DEGRÉ, p.15
  • ESAS et recherche : des nouveautés, par Sylvie Bépoix, p.16
  • Le nouveau décret fixant les conditions d’exercice des ESAS, par RAYMOND GRÜBER, P.17
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