INSPÉ DE CRÉTEIL – Des formations durablement fragilisées
À l’Inspé de Créteil, la rentrée 2026 illustre brutalement les conséquences de la réforme de la formation des enseignant·es. Le constat est alarmant dans les parcours du second degré : 79 lauréat·es inscrit·es en M1 M2E, toutes disciplines générales, technologiques et professionnelles confondues ! Les effets de la réforme sont désormais pleinement visibles, avec des fermetures de parcours et des ouvertures dans des conditions qui fragilisent durablement les formations.
Si l’équipe de direction s’efforce d’être transparente sur ces difficultés et d’en limiter les effets les plus brutaux, les marges de manœuvre locales demeurent étroites. Dans les formations d’enseignant·es du second degré, la chute des effectifs place les équipes dans une situation de grande fragilité malgré un certain soutien et des efforts de la direction pour maintenir les parcours ouverts. Dans celles pour le premier degré, un travail de concertation a été engagé dès l’automne 2025 pour construire des perspectives communes avant le partage difficile des heures imposé par la réforme. Un système de reversement des moyens du rectorat vers l’Inspé est également envisagé pour les collègues de l’éducation nationale déjà recrutés par l’Inspé, afin de limiter les conséquences du changement d’employeur (puisqu’ils et elles devront désormais être rémunérés par l’éducation nationale et non plus par l’université).
Ces ajustements ne suffisent toutefois pas à dissiper les tensions engendrées par la réforme et les choix locaux pour sa mise en œuvre. Dans les formations d’enseignant·es du premier degré, l’application immédiate à Créteil du partage des enseignements à 50 % entre l’éducation nationale et l’université, alors que cette cible n’est souvent ailleurs qu’un objectif à moyen terme, accentue les difficultés dans un contexte de baisse des effectifs d’étudiants et des heures de formation en master. La mise en œuvre précipitée de la réforme se traduit par une désorganisation du travail. Faute de moyens pour faire vivre de véritables équipes plurielles de formation, les cursus se réduisent souvent à une juxtaposition de « mini-modules », au détriment de la cohérence d’enseignements universitaires construits sur le temps long.
Claire Benveniste, section SNESUP-FSU de l’Inspé de Créteil