Plan social dans l'ESR - Illustrations concrètes
Dans les établissements, l'impact du sous-financement est visible dans les budgets initiaux votés par les conseils d’administration. Il s’agit d’un véritable plan social avec le non renouvellement des départs à la retraite et la diminution de l’offre de formation. Ci-après quelques chiffres très parlants :
A l'Université des Antilles, La campagne de recrutement d'enseignants chercheurs et d'enseignants pour la rentrée 2026 est famélique (6 PRAG / 4 MCF et 2 PR) pour au moins 50 postes vacants.
A l'Université Côte d'Azur - L'université fait face à une contrainte budgétaire majeure dans un contexte de coupe nationale de 1,5 milliard d’euros. Dans la campagne de promotion (juillet 2025) on note une forte baisse par rapport à 2024 avec seulement 12 promotions accordées (4 MC HC + 1 MC EX, 3 PR1 + 3 PR EX1 + 1 PR EX2) sur 146 demandes initiales. La pression impose désormais un seuil de 4 ans d'ancienneté minimum. Concernant la campagne de postes (novembre 2025) : aucune création de poste malgré 13 demandes. Sur 71 postes demandés (51 MC + 20 PR), 33 ont été accordés (24 MC, 9 PR), avec 6 postes gelés. Le coût estimé de 2 millions d'euros est compensé par le glissement vieillesse-technicité (GVT), mais un risque de surcoût de 5 millions d'euros pèse via le CAS pension. Du côté des BIATSS on a 3 créations sur 72 demandes et 10 rehaussements sur 51. Point critique : un risque de substitution progressive des postes enseignants-chercheurs par des contractuels via la CDIsation fragilisant le modèle académique.
A l'Université Bordeaux Montaigne pour l'année 2026-2027 : AUCUN recrutement de personnels. Campagne blanche. Les départs à la retraite d'Enseignants-chercheurs seront remplacés par des supports ATER. Aucun ATER via l'Ecole Doctorale. Suppression de 30 CDD équivalents temps plein pour les collègues administratifs (donc prévoir + de trente postes). Réduction de l'offre de formation à hauteur de 40 000 heures dont 12 000 heures dès la rentrée prochaine.
A l’Université d’Angers, pour les 3 prochaines années, les départs d'EC titulaires ne sont remplacés que par des ATER ; les BIATSS ne sont pas remplacés durant 3 mois, puis le sont par des CDD durant 2 ans. Par ailleurs, les budgets des composantes et des laboratoires ont été réduits de 20% en 2025.
A l’Université du Maine, après une campagne d’emploi 2025 déjà amputée et des réductions drastiques des budgets de fonctionnement des composantes et des labos, ce sont 10 titulaires EC et BIATSS qui ne seront pas remplacés ainsi que des parcours et de formations qui vont fermer en 2026 afin de faire 2 M€ d’économie par rapport à 2024.
A l’Université d’Amiens, 280 contractuel·les et vacataires pourraient perdre leur emploi et 54 000 heures de formation seraient donc supprimées, soit 12 % des maquettes.
A l’Université de Clermont-Ferrand, 40 000 heures complémentaires seront supprimées en 3 ans, ce qui, sans recrutement, aboutit à une réduction des formations. 11 postes d’EC et 1 poste Biatss ont été supprimés en 2025, un nouveau plan prévoit d’en supprimer 18 en 2026 dont 10 postes d’EC : objectif 3 M € d’économie.
A l’Université de Rouen, la campagne d'emplois 2026 a été réduite en décembre, alors qu'elle avait été adoptée en juillet. Les capacités d'accueil ont baissé d’environ 600 étudiants,les crédits des laboratoires et le nombre de bourses de thèse annoncés pour 2026 ont également chuté.
A l’Université de Pau, alors que les demandes d’inscription augmentent, les capacités d’accueil offertes sur la plateforme Parcoursup ont été réduites. C’est le cas des filières en tension telles que les sciences et techniques des activités physiques (STAPS), le droit et l’économie-gestion et la sociologie. Pour réduire le nombre d’heures de cours, en sociologie, les groupes de TD sont passés de 30 à 40 étudiant·es. 30 000 heures de formation doivent être supprimées sur trois ans et 30 postes de personnels Biatss doivent également être supprimés, affectant en particulier les contractuel.les.
Pour les personnels Biatss, un départ sur deux ne sera pas remplacé, et pour les enseignant.es et enseignant.es-chercheur.es, un départ sur trois ne sera pas remplacé. Par ailleurs, dès le 1er janvier 2026 les UE découverte hors maquette en licence sont supprimées.
À l'Université Paris 1, la campagne d’emploi n’a été maintenue qu’à 50 % et au prix de la multiplication par 15 des droits d’inscription pour les étudiant·es étranger·es. Il y a aussi suppression des exonérations des personnels. Pour les extra-communautaires, ce n'est pas pour tous, c'est pour la grande majorité (ils exemptent les pays PMA au sens de l'ONU qui ne comprennent aucun pays du Maghreb, ni le Vietnam, ni la Côte d'Ivoire, ni la Chine, ni l'Amérique Latine et Centrale hors Haiti, etc...).
Fonds de roulement de mois 2,2 jours, et ils veulent utiliser les rallonges budgétaires (PSC, CAS) pour ramener à 0 jour le fond de roulement au lieu d'annuler les mesures sur les droits d'inscription comme on est très nombreux à le demander.
À l’Université Gustave Eiffel, ce sont 70 équivalent temps plein en moins au budget initial 2026 par rapport à l’année précédente.
À l’Université Grenoble Alpes, suppression de 60 postes de BIATSS sur les trois prochaines années, depuis 2021, 90 % des départs d’EC titulaires sont remplacés par des contractuel·les durant deux ans. À cela s’ajoute, en 2026, une baisse des dotations récurrentes des laboratoires de 800 000 €.
A l’Université d’Aix-Marseille, c'est 60 % des départs en retraite qui ne sont pas remplacés depuis 3 ans avec les effets à l'avenant sur les formations et la recherche.
À l’Université de Strasbourg, 150 postes d’EC titulaires ont été perdus ces 10 dernières années. L'offre de formation de l’université devrait être réduite de 5 % et le nombre de postes d’EC et de BIATPSS ouverts au concours est réduit de 40 %.
A l’université de Lille, le budget initial de 2026 est en déficit de 45 M € ce qui a d'ores et déjà pour conséquence un gel d’emploi.
A l’Université Toulouse Jean Jaurès, l'essentiel du programme culturel du second semestre est supprimé et le budget de fonctionnement des composantes est réduit de 50 à 80%, réduction des investissements de 40% et gel de 30% de la campagne d’emploi. Dans le cadre de la prochaine accréditation des formations, les dotations globales horaire des composantes sont amputées de 15 à 25%, nécessitant des aménagements importants (suppression de certains groupes de TP ou TD), voire des fermetures de parcours.