Une contribution du SNESUP : Sur le fédéralisme

Publié le 19 novembre 2009

UNE CONTRIBUTION DU SNESUP  :  Sur le fédéralisme

 

La FSU est une fédération dont le fonctionnement s’appuie sur les syndicats nationaux, les sections départementales et les tendances.

 

Profondément et historiquement ancrée dans les établissements, les lieux de travail et les métiers, elle tient sa force pour une large part à une syndicalisation importante, au plus près des lieux d’exercice des personnels, et de la prise en compte des préoccupations liées à leurs professions. La confiance des personnels est attestée par les scrutins professionnels qui lui confèrent dans bien des cas autour ou plus de 50 % des suffrages.

Dans toute la fonction publique, s’intensifient les attaques du gouvernement contre les statuts pour en affaiblir le cadre dans une logique d’individualisation et de recours croissant à des contrats. La même logique est à l’oeuvre pour l’enseignement supérieur et la recherche, comme pour la protection sociale et les retraites. Les transformations projetées ou opérées par le pouvoir politique modifient les champs de syndicalisation et remettent en cause les solidarités. Cela appelle de nouvelles réponses de la FSU et de ses syndicats.

Les facteurs de convergence entre les personnels et leurs organisations syndicales au sein de la FSU sont nombreux : salaires, suppressions d’emplois, mise en cause du paritarisme... Cependant des appréciations différentes peuvent apparaître dans la détermination des revendications comme sur les positions à prendre sur des questions de société, ou sur les conditions de développement de la mobilisation.

De février à mai 2009, les appréciations des différents syndicats sur la « réforme proposée par le gouvernement de la formation des enseignants », la lutte des universitaires, ont conduit la FSU à demander son abandon, bien que des divergences entre syndicats de la FSU se soient exprimées sur certaines revendications et que les volontés de convergence d’action « de la maternelle à l’université » soient restées souvent insuffisantes. Le gouvernement joue de ces situations pour tenter d’affaiblir la fédération. La FSU a échoué à exprimer une position commune sur la formation des enseignants, notamment quand le gouvernement – précipitant les choses et morcelant les questions - a soumis des projets de décrets statutaires. Le SNESUP a désapprouvé les votes – différents selon les corps – émis lors du CTPM du 28 mai. Il a annoncé une contribution sur la conceptiondu fédéralisme dans le cadre de la préparation du prochain congrès de la FSU.

La FSU s’est construite sur la base du principe d’une fédération de syndicats nationaux ; la fédération ne pouvait pas, contrairement à ce qui se passait dans la FEN, imposer des mandats à un syndicat national sur des questions qui relèvent de sa compétence particulière. Mais cela n’implique pas qu’à l’inverse, la position de la FSU, dans une instance où elle est représentée, soit mécaniquement déterminée par celle d’un « syndicat concerné » ; d’autant qu’il y a le plus souvent croisement de problèmes. Doivent être pris également en considération le rôle des sections départementales, dont le territoire n’est pas toujours le plus adapté à la carte universitaire, et celui des tendances dont les contours peuvent différer selon les syndicats Sur la question des statuts des enseignants, il y avait croisement de champs de syndicalisation – le SNESUP par exemple syndique une proportion importante d’enseignants de statut second degré – et croisement de contexte – les questions statutaires ne pouvant être isolées des questions générales de la formation et du recrutement des enseignants, sujet qui concerne directement le SNESUP dans la mesure où il syndique les formateurs. Pour autant, sur ce dossier dans certaines sections départementales ou coordinations régionales de la fédération où le SNESUP a une présence significative, les débats ont permis des prises de positions fédérales permettant de dépasser ces divergences.

Le SNESUP s’efforcera de renforcer sa participation à la vie de la fédération, notamment au niveau des SD. Il contribuera à une meilleure coordination des syndicats FSU qui, présents dans un même établissement de l’enseignement supérieur (SNCS, SNEP, SNASUB...) sont, dans la plupart des cas, amenés à présenter des plateformes communes voire des listes lors de scrutin locaux (conseils centraux des universités) ou à représenter ensemble la FSU (CTP locaux). Pour surmonter les difficultés, le SNESUP propose :

  • Une réflexion et une concertation en amont plus poussées sur les questions de fond, au niveau fédéral – national, régional (CFR) et départemental (SD) – et en liaison avec le travail des secteurs, ou d’autres configurations. Cela vaut pour des problèmes aussi variés que la formation des maîtres et des problèmes environnementaux, etc.
  • Une concertation fédérale préalable aux prises de position de la fédération dans les instances où elle est représentée en tant que telle et, en cas de difficulté, un vote dans une instance délibérative.
Texte voté à l’unanimité lors de la CA du 9 octobre 2009