Un défi pour le Snesup, encourager et former les militants !

Publié le 13 février 2013

Un défi pour le Snesup, encourager et former les militants !

Si la stabilité des adhésions syndicales est rassurante pour les finances du Snesup-FSU, il en est autrement de la situation du militantisme pour son activité. A tous les niveaux, depuis la section locale jusqu'aux instances nationales, il est de plus en plus difficile de trouver des syndiqué-e-s prêt-e-s à s'investir dans l'organisation. Privé du retour de la base, le Snesup se coupe des revendications des personnels. Sans militant-e-s en nombre suffisant, il est de moins en moins capable de mettre en œuvre les actions qu'il envisage et même d'assurer ses missions au quotidien. Ceci risque d'entraîner rapidement son déclin si rien n'est tenté pour inverser le mécanisme.
Il est hors de propos de tenir le Snesup pour responsable d'un phénomène global de recul de la syndicalisation entamé de longue date. On peut y voir l'effet de l'augmentation inexorable des charges et de la pression qui pèsent sur les personnels, et celui de l'absence de victoires significatives lors des derniers mouvements sociaux. Par contre, ne pas chercher à développer la formation des militants et ne pas savoir encourager les velléités militantes - comme c'est le cas actuellement selon nos constats - est suicidaire pour notre syndicat et, in fine, les revendications qu'il porte.
Le Snesup doit donc se donner pour priorité de développer le militantisme en son sein. « Les engagements sont rarement spontanés et la plupart des processus d'adhésion passent par la médiation d'un collègue militant syndical, qui aura convaincu par l'exemple et la proximité » comme le note Patricia Vendramin, directrice de recherche à la Fondation travail-Université (co-rédactrice de Militer au quotidien, Presses Universitaires de Louvain, 2011). L'étude signale l'importance de la communication et de la transparence dans le travail syndical. Il y est précisé que favoriser de véritables politiques d'intégration des nouveaux venus est un défi pour le renouvellement syndical.
Ceci passe à notre sens par la remise en cause d'une conception des militant-e-s locaux comme de simples rouages chargés d'exécuter fidèlement les directives d'une « élite éclairée », et suppose au contraire de les entendre et de leur donner des outils émancipateurs pour mener localement la lutte.

Claire Bornais, Philippe Selosse et Christophe Vuylsteker, ÉÉ-PSO, membres du secteur Vie Syndicale