Thème 3 : I Partie introductive
THEME 3 Pour des alternatives économiques, sociales et environnementales
I Partie introductive
I-1. La FSU a, dès sa création, développé une démarche cherchant à contribuer à une alternative économique et sociale. Elle situe son projet syndical revendicatif dans la perspective de transformation de la société fondée sur le refus des discriminations et l’émancipation de toute forme d’exploitation, de domination, pour un monde de paix. Dans le cadre de sa volonté unitaire, la FSU inscrit dans sa démarche syndicale la recherche de convergences durables et la construction de mobilisations pour la satisfaction des besoins sociaux, la reconnaissance des droits fondamentaux, pour l’égalité, la justice sociale et la démocratie.
I-2. La « crise » actuelle rend encore plus nécessaire la réflexion et la mobilisation pour une alternative. Cette crise, mondiale, est de nature systémique : c’est celle du capitalisme globalisé et financiarisé et de la mondialisation néolibérale. Elle est pluridimensionnelle : économique et sociale, écologique, éthique et culturelle, géopolitique.
I-2.1. Économique et sociale, la crise traduit les blocages créés par une logique de rentabilité financière à court terme et de marchandisation de l’ensemble des activités. Cette logique conduit aux désordres d’une croissance inégalitaire, s’appuyant sur la spéculation et l’endettement, du fait d’une répartition des richesses de plus en plus défavorable aux salaires, et au sein de ces derniers la montée des inégalités (avec la montée des rémunérations les plus élevées et l’explosion du nombre des travailleurs pauvres et de la précarité). Elle conduit aussi à une « économie de rente » qui privilégie la distribution de dividendes au détriment des investissements (matériels et immatériels) productifs et donc du potentiel de développement.
I-2.-2. Écologique, elle montre l’épuisement d’une croissance « productiviste » incompatible avec la préservation de la planète et la nécessité de faire face sans tarder au changement climatique et plus largement de substituer au mode de croissance actuel un mode de développement solidaire et durable.
I-2.3. Éthique et culturelle, elle invite à lutter contre les dogmes néolibéraux et la remise en cause des droits fondamentaux, pour la défense et le renouvellement des solidarités, pour la démocratie, la tolérance et la paix, et pour une remise à plat des valeurs qui fondent la vie en société.
1-2-4. Géopolitique enfin, elle oblige à reconstruire les relations internationales sur la base des principes d’égalité et de solidarité, et à refonder les échanges économiques, scientifiques et culturels au service de l’ensemble des femmes et des hommes, d’aujourd’hui et de demain.
I-3. Les effets de manche sur la « moralisation du capitalisme » ne sauraient masquer que, pour l’essentiel, « tout reste comme avant ». Les politiques de gestion de la crise, en France comme ailleurs, réalisent un certain « retour de l’État », mais essentiellement pour « socialiser les pertes » des banques et des entreprises. Le recours à un « grand emprunt » traduit le refus par N. Sarkozy de revenir sur les cadeaux fiscaux décidés au début de son septennat. En même temps, se poursuit la remise en cause des services publics et de la protection sociale, alors même que le gouvernement est contraint de reconnaître que l’existence de « filets de protection »qu’ils permettent, a pu atténuer les dégâts de la crise. La nature systémique de la crise appelle des ruptures radicales avec la logique et les structures du système, et la construction de l’alternative doit porter sur l’ensemble des dimensions de la crise.
I-4. L’ Union Européenne s’est construite depuis 20 ans autour d’un projet libéral fondé sur le dumping fiscal et social, la libéralisation des services publics (privatisations, démantèlement...), la concurrence contre la coopération, dans le cadre d'une mondialisation imposant la libéralisation des pays en développement.
La crise a rappelé qu’il n’y avait pas de régulation des activités financières dans la zone euro, les plans de sauvetage des banques restant nationaux. La politique du chacun pour soi a inspiré les plans de relance budgétaire. Le sauvetage des pays de l’est a été assuré par le FMI qui leur a imposé ses programmes régressifs. Le cours de l’euro s’envole et menace la dynamique européenne. Les règles limitant les déficits publics et les aides publiques ont révélé leur absurdité. L’échec de la stratégie de Lisbonne, que nous dénonçons, est éclatant, et l’absence de plans concertés pour impulser les mutations nécessaires à un autre mode de développement porte une lourde responsabilité dans la crise environnementale.
C’est d’une autre Europe dont nous avons besoin. Elle ne pourra pas se construire si l’échange d’expériences et d’analyses entre les peuples, si les mobilisations européennes restent au niveau trop limité d’aujourd’hui.