Thème 1 : Zoom : Évaluations

Publié le 18 novembre 2009

Zoom Évaluations

Aujourd’hui, la notion d’évaluation recouvre divers aspects : évaluation des élèves et des étudiants, évaluation des enseignements, évaluation des formations et des laboratoires, évaluation des établissements, évaluation des personnels...

Ces évaluations peuvent être locales ou nationales. Elles diffèrent aussi par leurs objectifs : diagnostics, bilan, certificatives ou normatives. Le gouvernement a choisi pour les évaluations un objectif plus réducteur de tri ou de classement.

Les évaluations des élèves et des étudiants sont un outil nécessaire pour les élèves, leur famille, les étudiants, les enseignants et le système éducatif.

Les évaluations nationales CE2-6e ont par exemple souvent permis aux équipes de mieux cibler les difficultés des élèves et de construire des projets.

Mais l’année 2008 a été marquée par une rupture de la logique des évaluations nationales. S’appuyant sur les résultats à des évaluations statistiques en fin de CM2 qui ont chiffré à 15 % le taux d’élèves en échec à l’issue de l’école élémentaire, X. Darcos a instauré des évaluations en CE1 et CM2 (fin de cycles 2 et 3) très contestées tant pour leur contenu et mode de correction que pour le moment de leur passation. Les mobilisations ont obligé le ministre à renoncer à la publication des résultats école par école. Mais il a maintenu leur principe ainsi que le codage binaire (vraifaux) qui ne permet ni de mesurer finement les progrès des élèves et de les valoriser, ni d’en informer élèves et familles. Ces évaluations ne semblent donc viser que le pilotage du système par les résultats et l’évaluation des enseignants. Parallèlement, l’introduction d’un livret de compétences pour valider l’acquisition du socle commun à l’école et au collège, pose de multiples problèmes, alourdit le travail des enseignants sans apporter aucune amélioration au système, et ne garantit pas un traitement équitable des élèves sur l’ensemble du territoire. La validation obligatoire du niveau A2 en langues et B2i au collège pour l’obtention du Diplôme National de Brevet ont mis en évidence un simulacre d’évaluation, et la note de vie scolaire constitue un non sens pédagogique et éducatif.

La FSU dénonce ces mesures qui ne permettent pas d’améliorer la réussite des élèves et pervertissent d’autant plus la notion même d’évaluation des élèves que les contrats d’objectifs qui s’imposent désormais à tous les EPLE visent à conditionner l’obtention ou le maintien de moyens de fonctionnement à la réalisation des objectifs assignés ; ces contrats induisent une adaptation locale au « public » d’élèves accueillis et des dérives dangereuses en matière d’évaluation pour « coller » aux objectifs pré-définis. Dans l’enseignement supérieur et la recherche, la mise en place d’un système de répartition des moyens à la performance fondé sur des critères simplistes et étroitement quantitatifs poursuit les mêmes objectifs. Pour la FSU, la question de l’évaluation des élèves et des étudiants doit d’abord avoir pour objectif d’améliorer leur réussite. Cela nécessite une formation des enseignants et enseignants-chercheurs.

Le choix des outils, des critères, des contenus des évaluations ont des conséquences fortes sur les enseignements. Un vrai travail scientifique doit présider à leur élaboration en fonction de leurs finalités. À tous les niveaux, les personnels doivent y être associés car il s’agit de leur permettre de faire évoluer leurs pratiques et les contenus d’enseignement.

Cela vaut aussi pour les évaluations internationales mises en place pour piloter les politiques éducatives des pays, qui sont actuellement élaborées sans aucune transparence. Des outils statistiques indépendants sont nécessaires et utiles. C’est un des enjeux de la statistique publique. Mais ces outils ne doivent pas conduire à davantage d’échec pour les élèves ni servir de prétexte pour mettre en place des remédiations extérieures à l’école. Ils ne doivent pas non plus aboutir à mettre les écoles et établissements en concurrence.

Pour l’évaluation de la recherche, l’usage exclusif de critères bibliométriques conduit à une course à la publication absurde et stérilisante. Partout, l’obsession du classement et de la hiérarchisation vise à mettre en concurrence individus, équipes et établissements pour réduire et concentrer les financements sur les plus « méritants », les primes d’excellence nouvellement créées accentuant ce processus.

Pour la FSU, le mode d’évaluation doit être national, comparatif, démocratique et contradictoire, sur le modèle du Comité National de le Recherche scientifique et des commissions scientifiques spécialisées.

L’évaluation des personnels doit être conduite dans un objectif formatif. Elle doit reposer sur des critères clairs et ne pas être liée aux performances des élèves ou des étudiants, à l’insertion professionnelle, au nombre de brevets déposés ou d’articles publiés. Elle doit prendre en compte l’environnement dans lequel exercent les personnels.

Elle ne doit pas aboutir à une individualisation des carrières au mérite.