Thème 1 : Préambule
Thème 1 Éducation, formation, recherche : enjeux d’avenir
Préambule
L’éducation, la formation et la recherche constituent des enjeux essentiels pour l’avenir et l’évolution de toute société. L’éducation de la jeunesse ne repose pas que sur l’École, mais celle-ci joue un rôle prépondérant et irremplaçable, et seule l’École - publique de surcroît - peut transcender les particularismes, les hasards de la naissance et déjouer les déterminismes sociaux.
Très fortement sollicité pour prendre en charge les évolutions constantes des besoins de la société et des progrès technologiques, le système éducatif assume une part croissante dans l’éducation et la formation de la jeunesse, et ce sur un nombre d’années qui ne cesse d’augmenter, tant les savoirs à maîtriser sont de plus en plus complexes, tant la nécessité est grande que l’ensemble des citoyens puissent recevoir une formation suffisante pour pouvoir appréhender avec un esprit critique l’ensemble des enjeux de société actuels (économie, environnement...) et tant les qualifications requises pour s’insérer dans le monde du travail sont de plus en plus élevées. Dans le même temps, continuer à se former tout au long de sa vie est aujourd’hui une nécessité, encore peu accessible à tous.
Malgré ces évolutions, le service public d’éducation est rendu responsable des difficultés d’insertion professionnelle des jeunes alors que ce sont les politiques libérales à l’oeuvre qui débouchent sur une segmentation du marché du travail et sur une dégradation dramatique des conditions d’insertion dans la vie professionnelle, dont les jeunes sont les premières victimes. Au lieu de viser l’élévation des qualifications de tous, le gouvernement n’affiche pas d’ambition pour toute la jeunesse et recentre la formation d’une partie de celle-ci sur des compétences de base en l’adaptant étroitement aux besoins immédiats des entreprises.
Depuis notre dernier congrès de Marseille, les politiques conduites par le gouvernement Sarkozy se caractérisent par une série de mesures placées sous le signe de la « réforme » mais réduisant les missions dévolues aux services publics, déjà affaiblis et rabotés par une politique fiscale qui réduit les recettes de l’État. Face à la crise économique et sociale dont les effets continuent de se faire sentir avec brutalité, le gouvernement n’a pas renoncé à ses choix économiques, sociaux, fiscaux ou budgétaires qui ont pourtant contribué à générer cette crise ; il poursuit, à travers la RGPP, sa politique de réduction systématique des emplois publics qui touche de plein fouet le service public d’éducation. Ce dernier fait l’objet d’une succession rapide de réformes apparemment éclatées mais qui s’organisent dans un système cohérent.
Le ton avait été donné dans les lettres de missions de Nicolas Sarkozy à ses ministres de l’éducation et de l’enseignement supérieur : réduction programmée des postes de fonctionnaires, développement des heures supplémentaires, suppression de la carte scolaire, renforcement des notions de mérite individuel, de l’autonomie des établissements... constituaient déjà une conception très libérale de l’éducation.
Alors que les inégalités s’accroissent dans la société et que les élèves et les étudiants auraient besoin de plus et mieux de formation, l’ensemble de la politique éducative s’inscrit dans le cadre des contraintes budgétaires imposées et du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui se traduisent par la réduction drastique du nombre de postes d’enseignants, d’administratifs, de CPE, de COPsy, une réduction des postes aux concours de recrutement, une diminution de l’offre éducative et de sa diversité, une dégradation des conditions d’étude des élèves et des étudiants, une baisse des horaires élèves et une tentative de renvoyer la lutte contre l’échec scolaire au seul accompagnement externe.
Cette politique se traduit également par une transformation des missions des personnels, un alourdissement de leur charge de travail, un développement de la précarité, une mise en concurrence des établissements, un recul de la mixité sociale, le démantèlement des organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA,...) et une mise au pas de la recherche.
L’éducation, la formation sont aussi maintenant, via la décentralisation, une des données des politiques territoriales. Celles-ci interrogent la relation temps scolaire/ hors scolaire, les complémentarités des actions éducatives, mais aussi les questions d’égalité, d’accès de tous à l’éducation, à la culture, aux loisirs.
Les réformes mises en place sont loin de contribuer à la réussite de tous ; elles accentuent au contraire les inégalités (réforme de l’école primaire, libéralisation de la carte scolaire, généralisation du bac pro en 3 ans, réforme de l’orientation et de la formation professionnelle...). Les mouvements dans l’éducation ont imposé au gouvernement des concessions (le report de la réforme Darcos des lycées, le report d’un an des nouveaux concours, le changement de ton sur la maternelle, la réaffirmation des RASED en dépit des suppressions de postes, le retrait momentané des projets d’EPEP...) mais le gouvernement ne renonce pas pour autant à ses projets régressifs.
Après les discours du président à Latran et Ryad, on assiste par ailleurs à une remise en cause organisée de la laïcité (enseignement privé favorisé dans l’attribution de moyens, accords Vatican qui permettent aux établissements privés d’enseignement supérieur de délivrer des diplômes sans exiger d’eux des conditions aussi contraignantes que pour les établissements publics).
Si la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées présente des avancées incontestables, elle peine à se concrétiser dans des réponses adaptées au caractère multiforme du handicap en termes de formation des enseignants, de diversité des dispositifs d’accueil, et de personnels formés d’accompagnement.
Parallèlement à la transformation des missions du service public d’éducation, une même logique est à l’oeuvre dans les secteurs de la prévention, de la protection de l’enfance et de l’éducation de la jeunesse en difficulté.
La FSU porte une autre conception de l’éducation,
de la formation et de la recherche.
Elle défend le droit de tous à une éducation
scolaire complète et de qualité. Les précédents
congrès lui ont permis d’élaborer des
mandats qui visent à construire une école
publique et laïque pour tous, plus juste et plus
égalitaire, qui refuse les fatalismes scolaires
et sociaux et dispose des moyens de lutter
contre l’échec scolaire et les inégalités de la
maternelle à l’enseignement supérieur. Une
grande partie de ces mandats restent
valides. Certains doivent en revanche être
précisés, enrichis, actualisés en tenant
compte du contexte nouveau. Les orientations
politiques actuelles, la crise économique
et ses conséquences sociales aggravent
encore les inégalités entre citoyens et
territoires, ce qui amène la FSU à se doter de
mandats nouveaux pour continuer d’avancer
sur un projet alternatif.