Thème 1 : IV Les métiers, les missions, les formations

Publié le 18 novembre 2009

THEME 1 Éducation, formation, recherche : enjeux d'avenir

IV Les métiers, les missions, les formations

IV-1. Une nécessité : des professionnels plus nombreux et mieux formés

 

IV-1.1. La massification et la démocratisation de l’accès aux études se sont traduites notamment par une évolution des missions des enseignants et de l’ensemble des personnels de l’éducation, de l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi par une diversification des emplois et des métiers de la sphère éducative, que ce soit dans le domaine associatif, dans d’autres ministères concernés par l’éducation et la formation des jeunes (justice, agriculture…) ou au niveau des collectivités territoriales. Le contexte social, culturel et éthique dans lequel s’exercent les métiers des salariés de l’éducation et de la formation aujourd’hui les rend particulièrement complexes. Les exigences éducatives que la société exprime s’accroissent, tant au plan scientifique, professionnel que culturel. L’entrée de tous dans la société de la connaissance, dans la culture, suppose de considérer les questions des moyens attribués à la formation non comme un coût mais comme l’un des investissements les plus nécessaires et les plus prometteurs pour notre société.

IV-1.2. L’amélioration et le renforcement de la formation initiale et continue des personnels et la reconnaissance des qualifications acquises sont indispensables dans tous les secteurs d’activité.

Certaines formations, notamment médicales et para-médicales, sont déjà concernées par le système LMD. L’intégration des études des infirmières dans le dispositif LMD pose la question de la reconnaissance de leur qualification et de la poursuite de cette réforme jusqu’à l’universitarisation totale (aboutissant à une filière complète jusqu’au D).

IV-1.3. Pour la FSU, enseigner est un métier qui s’apprend. La formation des enseignants et leur recrutement sont des leviers essentiels pour transformer l’école en profondeur. La formation des enseignants doit être améliorée. La place, le rôle et la nature des stages en sont un élément essentiel et nécessitent qu’en soient clairement posés principes et objectifs. L’apprentissage du métier suppose une prise en charge progressive des différentes situations professionnelles, notamment par des stages de pratique accompagnée, avec des périodes comportant des séquences d’enseignement sous la responsabilité des enseignants/formateurs référents.

IV-1.4. Les formations des salariés du secteur de l’éducation et de la formation doivent intégrer une réflexion sur la nature, les exigences, l’évolution des différents métiers, et développer davantage les notions de culture et d’esprit critique. L’ensemble des personnels de l’éducation (enseignants, CPE, assistantes sociales, psychologues scolaires, infirmières, CO-Psy, BIATOSS, ATSEM, etc.) sont concernés, l’enjeu étant également d’améliorer et de renforcer les possibilités de travail en équipes pluri-professionnelles afin de permettre une prévention efficace et une meilleure prise en charge des jeunes, notamment les plus en difficulté.

IV-2. Des régressions en cours

 

IV-2.1. Essentiellement guidées par la volonté de diminuer l’emploi public et de restreindre les contours des services publics, les politiques actuelles en matière d’éducation et de formation tournent le dos à ces enjeux : développement de la précarité, notamment suite aux baisses des recrutements de personnels titulaires, remise en question de certains métiers, redéfinition des métiers et des missions, appauvrissement des formations, désengagement de l’État.

Le secteur associatif est confronté à des difficultés de financement récurrentes.

En outre, ces politiques tendent à faire évoluer un certain nombre de professions de personnels de conception vers des personnels d’application. C’est notamment le cas dans les secteurs de l’animation et du sport, confrontés à un appauvrissement de leurs missions.

Les choix budgétaires aboutissent à une dégradation inacceptable des remplacements des personnels à tous les niveaux du système éducatif, ne permettant plus d’assurer dans de bonnes conditions la continuité du service public.

IV-2.2. Au niveau de la formation des maîtres, c’est la même logique de réduction des coûts et d’une conception simpliste des métiers qui a prévalu : d’une part le gouvernement a voulu utiliser cette réforme pour supprimer plus de 15 000 emplois de stagiaires dès 2010 et d’autre part il envisageait de ramener la formation des enseignants à un simple compagnonnage en faisant disparaître le potentiel et l’expérience des IUFM, lieu de la formation professionnelle de tous les enseignants.

La FSU dénonce la diminution massive de places aux concours et demande que soient revues les perspectives de recrutement des enseignants dès les concours 2010 afin de répondre aux besoins à tous les niveaux du système éducatif, pour permettre un accès plus large aux métiers de l’enseignement et favoriser l’accès aux concours internes dans tous les secteurs.

IV-2.3. La FSU dénonce la publication des décrets sur les statuts particuliers des enseignants. Elle réaffirme son exigence d’abandon de la réforme en l’état et refuse toute mise en oeuvre anticipée de cette réforme. L’année transitoire ne peut être l’occasion d’anticiper les débats de fond sur la formation. Inscriptions, validations et stages doivent notamment faire l’objet de discussions et non être imposés dans l’urgence au mépris des étudiants et dans le cas des stages, dans l’abstraction de l’intérêt des élèves.

La FSU renouvelle son exigence que les dispositions sur l’organisation des stages pour les étudiants de M1 et M2 soient profondément modifiées, ce qui nécessite que la circulaire soit retirée et qu’un nouveau texte soit négocié.

IV-3. La FSU propose...

 

Ne sont pas traitées ici les questions de carrière, grille indiciaire, reconnaissance des qualifications… (voir thème 2)

IV-3.1. Le projet d’une nouvelle étape de démocratisation du système éducatif que porte la FSU, inclut naturellement celui d’une définition exigeante de l’ensemble des métiers concernés, ainsi que des missions qui leur sont associées.

La FSU revendique pour tous les personnels d’éducation et de formation de la fonction publique dans leurs différents secteurs d’activité, une formation initiale préalable à la prise de fonctions et une véritable formation continue.

IV-3.2. Le métier d’enseignant nécessite une formation de haut niveau. C’est pourquoi la FSU porte des propositions ambitieuses :

  • La formation des enseignants doit être améliorée pour mieux répondre à l’objectif d’une vraie démocratisation de l’éducation ;
  • Permettre à tous les élèves d’entrer dans les apprentissages, quelles que soient leurs difficultés, constitue un défi que les enseignants doivent relever au quotidien : cela suppose qu’ils soient outillés pour comprendre ce qui fait obstacle aux apprentissages. L’amélioration de la formation passe par une élévation du niveau de qualification qui doit fournir les outils nécessaires aux futurs enseignants, pour faire accéder tous les élèves à une véritable culture commune et non à un socle commun inégalitaire et réducteur ;
  • La formation des enseignants doit être pensée tout au long des cursus en amont du concours comme après, dans une articulation des différentes dimensions : académique et professionnelle, dans un modèle de formation dite « intégrée » et non « successive » : une formation en alternance pour laquelle la progressivité, la place, les objectifs, la nature, le suivi et l’évaluation des stages doivent être clairement identifiés ;
  • Elle doit déboucher sur une revalorisation de tous les personnels.

IV-3.3. La FSU entend obtenir des ministres de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur des engagements correspondant à ses demandes sur l’année de stage, le devenir et les moyens des IUFM, le cadrage des masters, l’articulation concours et masters, les pré-recrutements, la résorption de la précarité afin d’obtenir une tout autre réforme permettant une véritable amélioration de la formation et du recrutement des enseignants.

C’est pourquoi, la FSU revendique :

  • Un recrutement par concours national au même niveau pour tous, afin d’éviter le décrochage 1er degré / 2nd degré / PLP ;
  • Une programmation pluriannuelle des recrutements avec un nombre de postes correspondant aux besoins, afin d’éviter le développement du recours aux précaires ;
  • Des formations adossées à la recherche qui doit être développée, tant au niveau des disciplines qu’en éducation ;
  • Une élévation de la qualification tant disciplinaire (ou pluridisciplinaire) que professionnelle de tous les enseignants des premier et second degrés et des CPE, reconnue par un master ;
  • Une année de fonctionnaire stagiaire pour les lauréats de concours qui soit une véritable année de formation et d’entrée progressive dans le métier avec un service d’enseignement réduit de 2/3 ;
  • Des décharges pour les « tuteurs » dans les établissements du second degré et les maîtres formateurs du premier degré ;
  • Le maintien et le développement du potentiel de formation et en particulier des équipes pluri-catégorielles de formateurs, le maintien des sites de formation, tout particulièrement les IUFM, pour la formation initiale et continue.
  • Le maintien des formations spécialisées (CAPA-SH, DDEAS…) .
  • Le recrutement au niveau du master 2 de psychologie des CO-Psy et psychologues scolaires (avec maintien du recrutement interne PE pour ces derniers) .

IV-3.4. Cela impose :

  • Un cadrage national des masters (horaires, contenus, nature et progressivité des stages…) et de la formation ;
  • L’intégration, à côté des connaissances disciplinaires, d’éléments pré-professionnalisants dans le cursus universitaire dès la licence ;
  • Une « formation pré-professionnalisante » qui comporte de véritables stages (observation, pratiques accompagnées, mises en responsabilité progressives) encadrés tant par un « tuteur » de terrain (maîtres formateurs pour les écoles, enseignants dans l’établissement dans le second degré) que par des formateurs /enseignants de l’IUFM ou de l’université. Tous les stages doivent être intégrés aux contenus de formation et non répondre à des impératifs gestionnaires. Les étudiants ne doivent pas servir de moyens d’enseignement ;
  • Un développement de la formation initiale et continue des formateurs, formation qui doit être qualifiante ;
  • Le développement et la diffusion des recherches en éducation, une place spécifique et reconnue de l’INRP.

IV-3.5. Pour les étudiants, la FSU revendique :

  • Des aides et des pré-recrutements, pour rendre attractives les voies qui mènent aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, et pour assurer la diversité sociale dans nos professions ;
  • Les concours doivent rester ouverts à tous (et pas seulement aux pré-recrutés), pour rendre possibles des choix tardifs et des reconversions ;
  • La réorientation universitaire doit rester possible ;
  • Les nouveaux masters doivent permettre la poursuite d’études au niveau Doctorat ; Les débouchés professionnels autres que l’accès aux métiers de l’enseignement doivent être identifiés et clairement proposés aux étudiants.

Ces points font accord dans la FSU.

IV-3.6. D’autres questions font encore débat. La question de la formation des maîtres est sensible au sein des syndicats nationaux concernés et de la FSU. Les positions des uns et des autres, qui peuvent être divergentes, sont pour partie le fruit de l’histoire du système éducatif, de cultures professionnelles et de pratiques différentes. Ainsi, la place des concours et l’articulation avec les masters sont des sujets qu’il est nécessaire de continuer à approfondir au niveau fédéral en tenant compte des positions des syndicats nationaux.

L’enjeu est de lutter contre la « réforme » proposée par le gouvernement et d’y opposer un projet alternatif cohérent.