Rassembler le syndicalisme de transformation sociale
Rassembler le syndicalisme de transformation sociale
par École Émancipée
Plus que de ses divisions et de sa faiblesse numérique, le syndicalisme français souffre d'une orientation d'accompagnement social des politiques libérales, portée par une CFDT décomplexée, en concordance avec le syndicalisme européen majoritaire dans la CES. La CGT est constamment tiraillée entre le choix de s'aligner sur cette orientation et sa tradition contestataire. La loi sur la représentativité, voulue par Sarkozy et validée par la CFDT et la CGT, tend à figer le syndicalisme dans ce rôle d'accompagnement. Ni la FSU, ni l'Union syndicale Solidaires ne sont en mesure de contrecarrer, seuls, cette évolution. Ce qui manque, c'est un pôle syndical pour la transformation sociale capable de bousculer les pesanteurs et les appareils.
La FSU doit s'adresser à la CGT et Solidaires pour construire ce pôle capable d'allier contestation et propositions, rapports de forces et négociations, dont les salariés, du privé comme du public ont besoin.
Le syndicalisme dans l'Éducation s'est construit dans l'autonomie pour préserver son unité. La FSU ne s'est pas satisfaite de cet héritage mais ses tentatives pour sortir de l'isolement ont de fait échoué. Elle n'est pas reconnue sur le champ confédéral qui est celui des grands combats d'aujourd'hui et
de demain. Il lui faut tourner la page.
Confronté aux crises économiques, sociales et environnementales, à des transformations profondes du monde du travail et des services publics, à une Union Européenne qui détruit plus qu'elle ne construit, aux nouvelles lois sur la représentativité, dans le privé comme dans le public, le syndicalisme doit trouver de nouvelles réponses et sans doute de nouvelles formes d'organisation et de fonctionnement. La multiplication des « appels », des « collectifs », des réseaux montrent que l'existant ne peut satisfaire, que la détermination à changer existe et cherche des passages. Soit le syndicalisme saura y répondre, soit il se sclérosera.
Il faut rassembler le pôle de transformation sociale.
Il ne s'agit pas de réponses d'appareils, de rejoindre tel ou tel, d'une « fusion-absorption » ou d'accepter une satellisation par un « partage
» des responsabilités, des compétences et des prérogatives. Il s'agit de proposer de la base au sommet un processus de confrontation, d'actions, de réflexions, de propositions capables d'entraîner et de remotiver des militants, et au-delà les salariés.
La FSU, à l'occasion de son congrès peut, doit, prendre l'initiative. Elle seule peut s'adresser simultanément à la CGT et à Solidaires, qui sont les partenaires naturels de cette démarche mais sont engagées dans une confrontation qui prend parfois des allures d'affrontement. Elle seule, parce qu'elle n'est pas dans cette compétition.
L'enjeu est immense !