Quel syndicat ? Pour quel syndicalisme ?
Quel syndicat ? Pour quel syndicalisme ?
- par Maurice Hérin - Action Syndicale
Dans le mouvement, c’est peu de dire que nous sommes investis de responsabilités considérables. Le SNESUP est inséparablement acteur majeur et outil de rassemblement. Ce n’est un constat d’autosatisfaction, mais la vraie mesure de ce que nous faisons, pour voir ce que nous devons transformer dans notre syndicalisme et dans notre syndicat. Trois interrogations personnelles en ce sens.
Articulation entre le catégoriel et le global
Le Snesup a toujours placé le catégoriel, dans le champ large du développement du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Cette démarche s’impose plus que jamais. Mais des attentes nouvelles apparaissent, chez les collègues BIATOSS, les doctorants, les jeunes chercheurs... Il y a une diversité croissante des situations concrètes de travail, des injustices spécifiques se développent, entretenues par l’option libérale d’éclatement des collectifs de travail, d’individualisation des services et carrières, de précarité... Nous avons sûrement à réfléchir sur ce lien syndicalisme de proximité et syndicalisme de globalité.
Les jeunes collègues sont en attente d’espace d’écoute et d’initiatives. Ils le cherchent à partir de leurs expériences concrètes. C’est à partir de là, qu’ils se construisent une perspective globale pour les transformations de l’université et de la société. Certes une entrée dans l’action et dans le syndicalisme moins directement idéologique qu’il y a 10 ou 20 ans. Mais aussi une exigence nouvelle de réactivité plus que de régularité, une exigence de collégialité aussi plus que de directivité.
Articulation proximité-globalité
Le SNESUP inscrit son activité dans des perspectives de rassemblement, de lutte, de transformations sociales. C’est un des fondements historiques du syndicat. Or, deux événements renouvellent cette exigence.
- La place croissante de l’Union Européenne dans les politiques de recherche et de formations supérieures. Le pilotage et les sélections des recherches européennes sur projet, l’éclatement des cadres des formations et des diplômes, la déréglementation et la concurrence imposées par la stratégie de Lisbonne ne sont en rien inévitables !
- La crise du capitalisme, des centaines de milliards d’euros dans la fournaise financière, et des licenciements par dizaines de milliers. Les universités sont directement frappées par les réductions d’emplois et de crédits, par les attaques contre le service public.
En clair : approfondir les débats sur les dimensions européennes et les questions de société est une nécessité renforcée, renouvelée.
Articulation local-national et pratique démocratique, citoyenne du syndicalisme
Dans ce mouvement, la confrontation d’idées, l’exigence de convaincre pour rassembler se manifestent avec une force nouvelle. Nous devons, dans nos pratiques syndicales prendre pleinement en compte cette exigence, dans la vie des sections syndicales et de l’ensemble du SNESUP-FSU.
Et dans notre conception d’une autonomie démocratique des établissements, dans le cadre unifiant du service public.