Protéger la liberté académique à l’échelle mondiale

Publié le 30 janvier 2026

Par MICHEL MARIC, responsable du secteur International

Dans la poursuite de la dynamique créée par le colloque international sur la liberté académique qui s’est tenu à Calgary au début de l’année 2025, auquel nous avons consacré un dossier de la VRS, plusieurs réunions organisées par ou avec l’Internationale de l'éducation (IE)1 se sont tenues en fin d’année 2025.

La conférence de l’IE au Kerala (Inde) a mis en évidence à son tour les attaques toujours plus nombreuses contre l’autonomie professionnelle des universitaires, mais aussi la position d’avant-postes qui est désormais la nôtre en matière de résistance et de protection de principes et d’idéaux démocratiques fondamentaux. Dans nombre de pays, la réalité est celle d’un rétrécissement de l’espace démocratique : autoritarisme des responsables politiques, pressions commerciales, violences directes à l’égard des universitaires… qui donnent lieu à une augmentation de la censure et de l’autocensure dans les établissements. Le contrôle idéologique s’accroît avec une gouvernance de l’enseignement supérieur de plus en plus axée sur la surveillance. Sur ce plan, le développement des systèmes d’IA arrive au pire moment, dans le contexte d’une volonté de contrôle affirmée, tant des enseignements que de la recherche.

INGÉRENCE POLITIQUE CROISSANTE

Mi-octobre, la conférence organisée par nos collègues britanniques de l’University and College Union (UCU) faisait le constat d’une ingérence politique croissante cherchant à réduire au silence les voix critiques, d’une marchandisation débridée subordonnant la recherche au profit, d’un recul des titularisations, d’une direction de nos établissements dont nous sommes de plus en plus exclus ou de coupes budgétaires délibérées conduisant à la soumission des universités.

Cette accélération pose la question stratégique de la défense de notre liberté académique à l’échelle mondiale. Elle met aussi en évidence le rôle majeur des syndicats dans la protection de celle-ci, à la fois comme droit professionnel fondamental et comme bien public.

1. Réunissant les syndicats de 33 millions d’enseignant·es et d’enseignant·eschercheur·ses dans 180 pays