Précarité : aucune ambiguïté n'est permise !
Précarité : aucune ambiguïté n'est permise !
La précarité, de moyen pour sous-payer les personnels ou de pallier l'insuffisance des recrutements, devient une norme de gestion du salariat.
Elle concerne aussi bien les précaires que les titulaires, dont les statuts sont fragilisés. Elle est ainsi une pièce maîtresse de la nouvelle université capitaliste, et doit elle constitue une priorité pour le SNESUP.
Déjà massive dans les services publics, elle a encore augmenté du fait des suppressions de postes et des attaques visant à remplacer les titulaires par des précaires. L'ESR est particulièrement touché : par la proportion de précaires, par la multiplication des formes de précarité (doctorantEs contractuelLEs, ATER, vacataires, CDD dans les labos...).
Or, le rapport d'activité de la direction AS/EE-PSO est très insuffisant dans sa prise en compte du problème :
- il ne tire aucune conséquence de la situation en termes de revendications.
- pire, il entérine l'abandon des positions du SNESUP concernant le dernier accord ministériel sur le sujet : la loi Sauvadet qui en est issue ne titularise qu'une poignée de précaires, et prévoit de développer le CDI (qui n'est nullement une garantie d'emploi en cas de suppression de poste) dans la Fonction Publique... menaçant à terme le principe même du statut.
... le SNESUP, après avoir combattu cette loi, a abandonné ses positions pour se borner - comme le dit le rapport d'activité - à essayer d' "infléchir le projet de loi" plutôt que de s'y opposer !
Le SNESUP doit sortir de ses atermoiements, en demandant l'abrogation de la loi Sauvadet mais aussi en agissant pour :
- la garantie de réemploi pour touTEs : plus un seul licenciement, arrêt du recrutement de précaires.
- la titularisation immédiate et sans condition restrictive de touTEs les non titulaires.
- l'organisation des précaires, en soutenant les collectifs existants (c'est le cas, mais timidement, pour la coordination des précaires) ou en les impulsant partout où c'est possible.
Mais pour tout cela, un changement d'orientation s'impose : c'est ce que propose la tendance Émancipation avec son texte "Combattre la nouvelle université capitaliste".
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Claude-Michel Braud (université La Rochelle)
Contact : er@emancipation.fr
