Pour Un Syndicalisme Offensif (PSO) / ÉÉ : Double vitrage
Pour Un Syndicalisme Offensif (PSO) / ÉÉ : Double vitrage
Le syndicalisme verse de plus en plus dans un accompagnement social des politiques libérales quand il ne les précède pas. La FSU n'est pas exempte de ces dérives. Que l'on se souvienne de son appel à la grève en novembre 1995, de son engagement dans celle de 2003... et que l'on compare avec son atonie devant le mouvement du 1er semestre 2009 dans les universités ! La fédération est passée à côté de ce mouvement, de la compréhension de ses enjeux pour l'ensemble de la société...
Les syndiqués du SNESUP ont plusieurs manières de dire, à l'occasion du congrès de la FSU, leur désapprobation de l'activité fédérale. L'une d'elle est de s'exprimer sur les trois fenêtres du rapport d'activité qui portent des appréciations divergentes sur trois questions qui ont particulièrement suscité de crispations.
La fenêtre 1 a trait à l'action de l'année dernière : la version A pointe ce qui a fait défaut au niveau interprofessionnel, " le refus de combattre frontalement ce gouvernement " et la réticence de la FSU à la convergence des luttes avec le supérieur ; à l'inverse, la B tente de noyer les responsabilités et l'on ne peut que sursauter quand on lit que « la FSU et ses syndicats ont cherché à organiser les convergences » : on garde le souvenir
amer de l'absence de relais le 11 mars, journée " de la maternelle à l'université " appelée par la Coordination et les syndicats FSU du supérieur dont le SNESUP (il fallait chercher longtemps sur le site du SNES l'annonce de la manif !).
Pour la fenêtre 2 sur le dossier de la formation des enseignants, le hasard du tirage au sort a inversé l'ordre... Le compromis de la version A est quelque peu déroutant pour les syndiqués du SNESUP : A se borne à constater qu'il y eut des votes différents sur les décrets « mastérisation » au CTPM du 28 mai et à renvoyer ce constat aux (imparables) mandats des syndicats concernés. Or, le fait de ne pas voter contre tous ces décrets a été vécu comme un coup de poignard dans le dos du mouvement qui embrasait les universités. C'est la première fois que la FSU, se pliant à la volonté de certains de ses syndicats, se met en travers d'un mouvement social. Et ce ne peut être ainsi banalisé par une rédaction aseptisée !
La version B rappelle le désaccord sur cette réforme massivement rejetée par les universitaires, l'exigence de son retrait, « pour une toute autre réforme », ainsi d'ailleurs que le dit notre syndicat.
La fenêtre 3 pointe une des raisons de ces échecs sur le terrain de l'action. La version A semble bien commencer : la FSU doit « dépasser la simple addition de syndicats pour construire des synthèses et des convergences ». Mais, on le constate sur tous les dossiers, cette belle intention « fédérale » est constamment contredite par la pratique des directions des syndicats enseignants des premier et second degrés dont on connaît la capacité de blocage et les désaccords corporatistes profonds. Le résultat est un amoindrissement régulier de la réflexion et de l'action fédérale, un refus de tout ce qui pourrait vivifier les secteurs, les sections départementales et les instances régionales. A contrario, pour la version B, faire vivre les contradictions fécondes sur lesquelles la FSU s'est construite suppose un volontarisme fédéral qui bouscule, en tant que de besoin, les positions hégémoniques des syndicats nationaux.
Pour un syndicalisme offensif et l'ÉcoleÉmancipée appellent les syndiqués du SNESUP à voter A-B-B sur les fenêtres 1-2-3 du rapport d'activité de la FSU et dansl'attente de ne pas approuver l'activitéqui fut la sienne dans la dernière période.