Pour un SNESUP moteur offensif et rassembleur
Motion Action Syndicale
Pour un SNESUP moteur offensif et rassembleur
Ces dernières années, les politiques de droite ont profondément dégradé et appauvri le tissu économique privé, les services publics et les conditions de vie de la grande majorité de nos concitoyens. Au nom de la crise, l'austérité a été imposée à des millions de jeunes, de salariés, de retraités, en France comme dans de très nombreux pays. En mai dernier, des choix politiques libéraux et
la complaisance idéologique avec l'extrême droite, incarnés par N. Sarkozy, ont été battus. Le SNESUP y a contribué, notamment par son rôle moteur dans les grandes luttes de 2009.
Les lois sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche (Pacte recherche, LRU), la réforme de la formation des enseignants, les budgets contraints par des politiques de pseudo-excellence, ont dégradé et dénaturé les missions universitaires. Sous prétexte d'innovation et de compétitivité, la recherche publique est sous la pression d'impératifs de rentabilité immédiate. L'effondrement des financements récurrents au profit d'appels d'offre souvent étroitement thématiques et le gel de nombreux emplois statutaires dégradent les conditions de travail et font exploser la précarité. Les formations sont obérées par le poids du chômage et de la bien trop faible reconnaissance des diplômes et qualifications.
Les choix du gouvernement Ayrault sont préoccupants ; ils doivent et peuvent être inversés. Les attentes et les besoins sont grands ; les nouvelles lois doivent marquer la rupture avec les politiques antérieures.
Un syndicalisme universitaire ancré dans la société et dans le milieu scientifique
Le SNESUP tient sa force du nombre de ses adhérents, de leur représentativité au sein du milieu universitaire et scientifique, de sa capacité à conduire des actions en phase avec une majorité d'étudiants et une large part de l'opinion publique. Il n'exclut aucune modalité : présence syndicale dans les élections et les instances représentatives, négociations avec le ministère et tous les interlocuteurs publics, réseaux sociaux, débats de société, pétitions, rassemblements, manifestations, grève...
Pour obtenir de substantielles avancées dans la loi d'orientation en préparation, pour écarter les logiques de régionalisation des universités et d'affaiblissement des statuts et libertés scientifiques, pour sortir d'une période d'affaiblissement des syndicats, le SNESUP doit prendre l'initiative avec audace. Plus que jamais, il doit fédérer et exprimer les aspirations des universitaires.
Le SNESUP doit porter au plus haut l'exigence de démocratie. La pluralité des orientations proposées au vote des syndiqué.e.s, par des adhérent.e.s librement rassemblé.e.s autour d'un texte traduit cette conception fondamentale.
Notre démarche est aujourd'hui de prolonger et de vivifier ce principe qui fonde la légitimité des analyses, des revendications et des dirigeants que se choisit le SNESUP.
Des actions revendicatives inscrites dans une conception dynamique du syndicalisme universitaire
Régulation démocratique nationale du supérieur et de la recherche
L'État doit réinvestir ses responsabilités en matière d'enseignement supérieur, par l'abandon des responsabilités et compétences élargies (RCE), le retour à une gestion nationale des personnels titulaires, le maintien d'une carte nationale des formations par un contrôle a priori des habilitations, après avis du CNESER. Cette régulation par l'État doit aussi être attentive aux besoins exprimés à l'échelle des territoires.
Des choix budgétaires révisés doivent abandonner l'actuel dispositif fiscal du Crédit Impôt Recherche et redéployer les crédits vers les laboratoires et les établissements. Le financement pérenne et récurrent des laboratoires doit couvrir plus des deux tiers des besoins pour éviter la course stérilisante aux «financements diversifiés» ; il en va aussi de l'indépendance intellectuelle de la recherche. Il y a urgence à financer des emplois statutaires
revalorisés. Il est enfin indispensable de construire un dispositif cohérent et unifié des formations post-bac publiques.
Autonomie et collégialité
C'est dans ce cadre régulé, de service public renforcé et nationalement cohérent - en rupture avec la LRU - que doit se situer le débat sur l'autonomie des établissements. La compétition à tout va, le clientélisme, l'inféodation à des intérêts locaux ou privés vont à l'encontre de l'indispensable liberté académique et de recherche.
Une reconfiguration des instances universitaires s'impose. Le CA, élargi pour être plus représentatif, doit devenir le lieu véritable des choix stratégiques. Les modalités d'élection du président doivent être revues. Le recours à la réunion des conseils centraux peut renforcer la collégialité et redonner du poids à chacun des conseils. Partout, le lien formation/recherche doit être garanti. En particulier, là où elles existent, les UFR doivent reconquérir un rôle prépondérant d'acteur de la recherche.
Recherche
Il faut tourner le dos définitivement aux « politiques d'excellence », donner à tous les enseignants-chercheurs les moyens et la disponibilité nécessaires à la production des savoirs, dans le laboratoire qui convient à leur projet. Les statuts dérogatoires (de type IUF) créent des phénomènes de niche, au détriment de dispositions pouvant bénéficier à tous (congé sabbatique systématique pour les E.C., congé de préparation au doctorat pour les personnels de statut second degré...). La réflexion sur les instances nationales d'évaluation et de prospective (dont le rôle des agences) doit concilier bilan critique de l'existant et large débat sur des propositions alternatives.
Formation
Rompre avec la nécessité du travail salarié et améliorer les conditions de vie et d'études des étudiants est la première urgence pour lutter contre les inégalités sociales. Tous les jeunes - y compris les bacheliers technologiques et professionnels - doivent trouver à l'Université une filière adaptée à leurs
choix et à leur formation. L'articulation formation/ recherche est essentielle dès l'accès aux études supérieures. Cela nécessite de revoir l'offre de formation de Licence et de Master et - à terme - de mettre en cohérence sous cette exigence toutes les formations du post-bac public. Assurer aux futurs enseignants de premier et second degrés une formation professionnelle de qualité est une mission fondamentale des universités. La « formation tout au long de la vie » est un champ à réinvestir.
Personnels
À une dégradation très forte des statuts et des conditions de travail des enseignants et enseignants-chercheurs s'ajoute une poussée de l'emploi précaire toujours plus intolérable. Harcèlement, stress et souffrance au travail se développent fortement, touchant toutes les catégories. Les choix de structures et d'organisations qui mènent à ces atteintes à la santé des personnels doivent être dénoncés et combattus. Des mesures énergiques allant bien au-delà de l'abrogation des décrets de 2009 doivent être prises pour enrayer la précarisation et œuvrer à une forte revalorisation des métiers de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Un syndicalisme universitaire dynamique
Les revendications élaborées par le SNESUP doivent être lisibles, dynamiques et relayées dans la communauté. Les dimensions fédérales du syndicalisme dans la FSU sont des atouts, qui peuvent être mieux exploités. Le travail dans la FSU doit permettre une meilleure prise en compte des questions universitaires et des convergences doivent être recherchées sur les sujets faisant débat (précarité, FDE). Les collaborations avec les autres syndicats FSU de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, notamment le SNCS, sont à renforcer. À l'échelle internationale, européenne en particulier, le SNESUP doit contribuer au renforcement des liens recherche-société et à la construction d'alternatives aux politiques néfastes, notamment en matière d'Enseignement
Supérieur.
Une organisation du SNESUP à la hauteur des enjeux
Face aux enjeux de la situation présente, notre capacité à articuler en permanence analyse et action, à renforcer le lien entre instances nationales et sections locales, à enrichir réflexion collective et pratique individuelle, est particulièrement cruciale.
Plus que jamais, le renouvellement des instances et des responsabilités doit encourager une répartition des mandats et des décharges, qui améliore l'implication de tous, en facilitant l'imbrication des activités scientifiques et militantes et en portant toujours plus haut l'éthique de l'engagement.
Plus que jamais, nous devons consolider les dynamiques des réseaux des élus SNESUP dans les conseils centraux et dans les instances nationales, veiller à tirer bénéfice de la richesse de l'expérience des collègues en responsabilités (au sein du syndicat, dans les instances et exécutifs universitaires...), élargir notre audience par la qualité de nos publications.
Voilà ce que nous demandons aux syndiqué.e.s de soutenir et de construire autour d'Action Syndicale en refusant tout à la fois des postures immobilistes et un syndicalisme purement protestataire. Le SNESUP doit vivre dans et avec la communauté universitaire, en être une émanation autant qu'une force motrice.
PREMIERS SIGNATAIRES
Alava S., Astruc T., Barakat G.,
Benoît La Guillaume L., Bernard N.,
Bernardini A.-M., Biston J., Bonnery S.,
Boutan P., Brunel F., Champesme M.,
Chantelot P. ; Chapoulie R., Christofol H.,
Cottrel M., Deauvieau J., Delagneau J.-M.,
Delepouve M., Dumasy L., Duprat C.,
Duyck J.-Y., El Guerjouma R., Enjouvin B.,
Fabbri J., Fabre A.-V., Fasquelle D.,
Faudot D., Fiori-Duharcourt N., Freitas A.,
Gabert M., Gallenga G., Gallot J.,
Garric J.-C., Gebuhrer O., Gest M., Gleyse B.,
Guelfucci J.-P., Gerbier B., Grosmann M.,
Guérin P., Guilbaud F., Guyot J., Henry M.,
Hérin M., Hoffmann C., Jaafari A.,
Jardin J.-P., Jean G., Jouini M., Joulin A.,
Kahane C., L'Huillier M.-C., Lainé J.-P.,
Laorden F., Lambert X., Lauton G.,
Lauton M., Lebaron F., Lelourec H.,
Lewkowicz J., Liquet J.-C., Mauriat C.,
Mazauric C., Mazauric S., de Mecquenem
I., Mercuri L., Meslian A., Morel F.,
Nait Abdelaziz M., Neveu M., Ouaqqa A.,
Ouzoulias A., Ortiz J., Pagano A.,
Policar A., Portron A., Pugnaud S., Rasselet
G., Régent F., Rousseau P., Roux B., Saboni
A., Sanchez X., Sauret M.-J., Sceaux J.-P.,
Sindzingre P., Talbot S., Tassel S.,
Terreau C., Thorez P., Tollet G., Toulgoat C.,
