Nanterre 2011 Contribution individuelle Marie-France Carnus, Bernard Deknuydt, Georges Hugot (Émancipation)
PROFITS ET SECTEURS PRIVÉS... ASSASSINENT L'UNIVERSITÉ !
La « FRONDE» qui secoue le monde universitaire et la recherche est le résultat de la mise en place dans l'enseignement français et européen de l'idéologie néolibérale de Bologne (1999) et de Lisbonne (2000).
Encadrée par la LOLF de 2002 et la RGPP de 2007, dynamisée par l'esprit de l'OMC, une cohorte d'experts zélé(e)s impose depuis 2005, le cadre et les règles de l'université anglo-saxonne : le LMD reléguant aux oubliettes DEUG, maîtrise et DEA.
La loi inique de la « LRU » votée en catimini en août 2007 impose également une logique de contrôle et de gestion des universités, digne d'un centralisme démocratique d'une agence TASS (sic).
Pour sa part, le 6 juillet 2007, l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) propose de : « mettre une sélection explicite pour l'entrée à l'université » .
Et de ne pas autoriser: « L'inscription à des cours universitaires dispensés gratuitement... Si l'université considère que la probabilité de réussite est très faible ...Il faudrait augmenter les droits progressivement mais nettement... ».
En dix années, le socle des universités, laïques, citoyennes et républicaines, a périclité au bénéfice d'une nouvelle gouvernance de type managérial et féodal.
L'assujettissement aux règles d'une nouvelle gestion préconise la disparition des Sciences Humaines et Sociales ainsi résumées dans le nouveau PRES « Sud de France » : Vie de l'entreprise - Affaires - management (Journal du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, mai 2008).
Luttons et agissons de concerte contre la désinformation de l'opinion publique propagée par les médias au plus haut sommet de l'état, la manipulation des chiffres par les ministères ayant en charge les domaines de l'éducation et des budgets, la conception usurière de l'enseignement supérieur institutée par le « grand emprunt », la destruction et la dispersion des organismes de recherche, la sortie des statuts de la fonction publique d'État, la transformation des crédits de personnels en moyens de fonctionnement et de tous les postes BIATOSS et personnels vers le privé.
Sauvons de la casse les « IUFM », de la liquidation l'INRP et de la déliquescence la formation des enseignants, et celle des stagiaires mis en danger lors de leur recrutement.
Nous devons combattre avec la plus grande vigueur les compromis des directions syndicales, préfiguration de toutes les capitulations, la surdité et le mépris affichés des appareils syndicaux vis-à-vis de la base et du terrain, le « centralisme outrancier» qui n'a pour seule vocation que le discrédit de la lutte syndicale.
Marie France Carnus,Bernard Deknuydt et Georges Hugot.