Nanterre 2011 Contribution individuelle Marc Champesme, Thierry Astruc, Gisèle Jean (AS)

Publié le 3 mars 2011

Une formation des enseignants pour favoriser la démocratisation de l'école

Le Snesup s'est opposé très fortement à la mise en place de la mastérisation de la formation des enseignants imposée par les MEN et MESR, parce que nous souhaitons des enseignants formés à un haut niveau afin de démocratiser l'école. Ce n'est pas une élévation des qualifications qui a été proposée et mise en œuvre avec la mastérisation, mais une régression de la formation en temps et en offre tant au niveau disciplinaire que professionnel, ce qui a eu des conséquences désastreuses pour les jeunes recrutés, les élèves mais également le nombre de candidats au concours.

Il ne s'agit pas d'un bricolage mais bien d'une stratégie délibérée inspirée par la RGPP et utilisant l'intégration violente des IUFM aux universités - au moment où loi LRU et passage aux RCE étaient mis en œuvre - pour disqualifier les compétences professionnelles des enseignants et aller vers un recrutement généralisé sans concours ni formation de qualité.

Repenser la formation professionnelle des enseignants pour l'école que nous voulons

Nous exigeons que les enseignants soient recrutés par concours à bac +5 sur statut de fonctionnaires et qu'ils soient titularisés après une véritable année de stage et de formation complémentaire. Nous souhaitons une réelle démocratisation de l'école et un des éléments clés en est une meilleure formation des enseignants pour lutter contre les difficultés scolaires. Il faut une formation de haut niveau, en lien avec la recherche, et c'est pourquoi nous avons souhaité que le recrutement soit porté au niveau master.

Ces deux années d'études supplémentaires doivent être des années de réelle formation, articulées avec une pré professionnalisation en licence. Les licences doivent être elles mêmes repensées. Les contenus de concours doivent intégrer ces deux dimensions disciplinaires et professionnelles.

Recruter dans tous les milieux sociaux,Reconstruire et stabiliser des viviers dans toutes les disciplines.

Pour attirer des jeunes de tous les milieux sociaux, et notamment des milieux populaires, vers un métier de plus en plus difficile dont le temps de formation suppose un investissement lourd, il faut à la fois : une lisibilité forte des parcours permettant l'accès au métier d'enseignant, des débouchés (nous demandons un plan pluriannuel de recrutement de fonctionnaires), mais également que la nation prenne en charge financièrement les études de ceux qui vont devoir former les jeunes de demain. Cela passe par des pré-recrutements dès les années de licence.

 

Marc Champesme, Thierry Astruc, Gisèle Jean (Action Syndicale)