Nanterre 2011 Contribution individuelle Arnaud Le Ny et Maurice Zattara (AS)

Publié le 3 mars 2011

Le SNESUP renforcé par les pratiques...

par Arnaud Le Ny et Maurice Zattara (Action Syndicale)

Le SNESUP, comme toute la communauté universitaire, n'a pas été épargné par la restructuration du paysage universitaire et de la recherche. Elle n'est pas sans modifier notre action, nos pratiques, notre organisation. Les établissements, maintenus en situation de pénurie, sont poussés à survivre dans les marges qui leur sont concédées. La loi « Libertés et Responsabilités des Universités » et le passage aux « responsabilités et compétences élargies », sont autant d'outils permettant à l'Etat de se défausser de ses responsabilités pour les faire porter localement sur les établissements..
Dans le même temps, la loi dite de rénovation du dialogue social bouleverse la mesure de la représentativité des organisations syndicales et leur capacité à signer des « accords »... Lors du prochain congrès, nous allons devoir nous prononcer sur des modifications indispensables de nos statuts, sans lesquelles la représentativité du SNESUP serait obérée. Revisitant à cette occasion les statuts et le règlement intérieur du SNESUP, nous avons pu mesurer l'amplitude des possibilités offertes pour s'adapter aux transformations les plus diverses de l'enseignement supérieur et servir l'action syndicale.
Les statuts et le règlement intérieur du SNESUP, aussi subtils soient-ils, ne sauraient se substituer aux conditions concrètes conférant au syndicat plus d'efficacité « pour préserver et développer les missions et valeurs essentielles de l'Enseignement Supérieur et, en particulier : promouvoir, créer et diffuser les connaissances ; démocratiser l'accès au savoir et aider un nombre croissant de jeunes et d'adultes à acquérir une formation qualifiante et citoyenne de haut niveau ; contribuer au développement de l'ensemble du système éducatif, notamment par la formation de tous les enseignants ; promouvoir la pensée critique et la créativité ; développer la coopération scientifique et universitaire internationale. » [Début de l'article 2 de nos statuts]

 

Un syndicat accueillant

Pourquoi... comment... à quel moment... avons-nous décidé d'adhérer au SNESUP ? Dire qu'il y a autant de réponses que d'adhérents n'est pas juste. Cependant la diversité des raisons qui nous ont nous poussés à franchir la porte du SNESUP, dépassant pour certains leurs préjugés, est à prendre en considération. L'engagement dans telle ou telle mobilisation, une demande de soutien ou de protection, l'adhésion a un système de valeur, la curiosité... les motivations sont diverses, les capacités d'engagement variées. C'est de cette diversité, que le SNESUP tire en grande partie sa force et sa légitimité.
Les portes du SNESUP sont grandes ouvertes pour accueillir, fraternellement, tous ceux qui le souhaitent, tous ceux qui veulent donner de leur temps et mettre en commun leur énergie, leur capacité d'analyse pour défendre et promouvoir le service public d'enseignement supérieur et de recherche. Au moment où les pressions sur les enseignants du supérieur croissent, les réunions dans les sections sont précieuses, procurant un lieu préservant la liberté de ton et d'expression.

Des débats locaux vivants

La démocratie n'est pas un concept, mais une pratique. Exigeante, elle est au fondement de notre engagement, elle suppose d'en faciliter l'exercice : la participation nombreuse aux réunions, leur fréquence ; la qualité des débats riches et argumentés ; la mise en œuvre des décisions collectives. En d'autres termes, la participation à une vie de section dont l'animation est fondamentale nécessite de disposer du temps pour s'y consacrer sans en payer professionnellement le prix.
Les décharges syndicales, en nombre -conséquence des bons résultats électoraux du SNESUP- doivent y contribuer, tout comme la répartition des responsabilités entre camarades et dans le temps. Epouser les contours des logiques gouvernementales de rationalisation/mutualisation, imposer une taille critique aux sections, interdire les petites sections ne fera pas mieux vivre le SNESUP. Pire, elle risque de faire déserter certains camarades, dont nous ne pouvons nous passer. A moins d'avoir la prétention de savoir ce qui est bon pour eux... malgré eux...
La forme ne doit pas se substituer au fond. Aucun texte, imposant un cadre uniforme de structure ne remplacera une vie réelle de section, y compris pour celles comprenant de nombreux adhérents. Stimulée, nourrie de l'enrichissement mutuel de nos intellectualités, elle rend possible les échanges entre élus et militants, entre disciplines, entres composantes, entre champs thématiques et, plus largement, avec la communauté universitaire locale.
Nous devons nous préserver d'une contamination par la bureaucratie endémique et les cadres rigides induits par la restructuration du paysage universitaire. D'une part car nous aspirons à des alternatives qui devront à leur tour être prises en compte et, d'autre part, parce que cela conduirait à graver un peu plus ces modifications structurelles dans le marbre, rendant plus difficile leur remise en question.

Un SNESUP rassemblé et cohérent

Certains regroupements (PRES, FCS...) ont des périmètres qui traversent les départements, les régions..., associent des établissements consulaires ou privés. Ils rendent nécessaire des synergies et des dynamiques syndicales nouvelles dont les modalités peuvent avoir des configurations à géométrie variable, nos statuts et le règlement intérieur le permettent déjà. La complexité de ces montages nécessite un travail croisé des sections locales et des secteurs émanant de la direction nationale. Cette articulation est un pan important assurant l'unité du SNESUP, sans affaiblir sa diversité.
Ce lien entre le « local » et le « national » n'est pas le seul et doit être complété. La participation aux instances du syndicat est un moyen de lier la remontée des informations remontant des sections (qui doit être effective). D'où l'importance de penser à cette diversité (géographique, disciplinaire...). Elle contribue à irriguer les débats dans les sections mais ne suffit pas. Il est donc important de solliciter venue de membres de la direction "nationale" sur le terrain, dans les établissements, pour y assurer une écoute attentive en prises avec les collègues et ajuster la capacité d'écoute.