Motions de l'Université de Rouen

Publié le 13 octobre 2026

Motions du 12 octobre 2026 des départements d'informatique, d'études romanes, d'histoire, de sociologie, de sciences de l'éducation et de psychologie

Informatique

Motion 1

Le département informatique de l'UFR Sciences et Techniques de l'Université de Rouen Normandie apporte son soutien aux mobilisations étudiantes et lycéennes, partage les revendications portées et s'oppose à la répression qui les cible.

En tant que personnels de l'université, nous défendons un service public d'enseignement supérieur et de recherche de qualité, accessible à toutes et tous, qui permette à la jeunesse de s'émanciper et de construire son avenir. Nous dénonçons les politiques d'austérité, notamment les "conditions de retour à l'équilibre" de la présidence, qui dégradent encore davantage nos conditions de travail, fragilisent nos formations et compromettent les conditions d'études et la réussite de toutes les étudiantes et étudiants.

Pour ces raisons, et vu l'ampleur de la mobilisation actuelle, le département informatique décide de suspendre ses enseignements. Nous nous opposons au basculement vers l'enseignement à distance. Ce temps libéré nous permettra de poursuivre les échanges et le lien avec les étudiantes et étudiants et l'ensemble des personnels durant la mobilisation, dans l'attente que l’État donne des garanties sur l'amélioration de leurs conditions d'études et de nos conditions de travail.

Motion 2
Nous, membres du département d'informatique, dénonçons les méthodes du directeur de l'UFR Sciences et Techniques dans le contexte de la mobilisation, outrepassant ses prérogatives. À la suite de la fermeture administrative des campus, le directeur a affirmé qu'il n'était plus possible de rattraper les enseignements reportés, puis a autorisé leur maintien à distance, en synchrone ou en asynchrone. Il a exigé que les enseignants informent les étudiants, la scolarité de site et lui-même des modalités de maintien ou non de leurs enseignements pendant les deux journées concernées, en précisant : "Sans cette communication spécifique, les enseignements seront réputés non réalisés." Cette décision, prise sans consultation préalable du conseil de gestion de l'UFR ST, fait peser sur les personnels la responsabilité des conséquences de la fermeture administrative et exerce une pression inacceptable sur celles et ceux qui participent à la mobilisation. Nous refusons que le distanciel serve à contourner une mobilisation collective et à contraindre les personnels à reprendre leurs activités pédagogiques habituelles.

Motion 3
Nous, membres du département informatique, dénonçons le non-renouvellement du contrat de notre collègue Clément, après cinq ans et demi au service de l'université. Alors que le président s'était engagé en conseil d'administration à "lui faire une proposition", sa seule proposition à ce jour est un CDD qui ne débuterait que dans quatre mois, semblant surtout permettre d'éviter de lui proposer un CDI. Ce traitement cynique ignore l'investissement de notre collègue et l'urgence de sa situation. Cette décision a également des conséquences directes pour les étudiants : tous les enseignements qu'il devait assurer n'ont pas été remplacés et certains cours ne sont toujours pas assurés. Depuis plusieurs semaines, les étudiantes et étudiants de notre département se mobilisent pour son maintien dans l'emploi, au moyen d'une lettre ouverte, d'une pétition et d'interpellations directes du président, restées sans réponse à ce jour. Nous dénonçons cette déconsidération à l'égard de notre collègue comme des étudiants qui se mobilisent solidairement pour lui, tout en subissant les conséquences de cette situation sur leurs études.

 

Etudes romanes

Le département d’Études romanes de l’UFR Lettres et Sciences Humaines, soutient les mobilisations lycéennes et étudiantes. Les revendications portées par ce mouvement rejoignent notre constat en tant que personnels de l'université : la défense d'un service public d'enseignement supérieur et de recherche de qualité, égalitaire et de proximité, dans un contexte d'austérité budgétaire sans précédent. E

Dans notre département, en raison du non-remplacement des collègues partant à la retraite, nous pourrions passer de 17 enseignant.es-chercheur.ses titulaires à la rentrée 2023-2024 à potentiellement 10 à la rentrée 2028-2029 si les menaces d’années blanches se concrétisent. Il ne sera pas possible de maintenir un enseignement de l’espagnol de qualité à Rouen avec une réduction de plus de 40 % des professeurs. Notre département est la preuve qu’un réengagement massif de l’État dans l’éducation, comme le réclament les mobilisations lycéennes et étudiantes, est vital pour la survie de nos formations.

Nous refusons la précarisation des étudiants et des collègues non-titulaires ainsi que des conditions d’enseignement secondaire et supérieur. Ce n'est ni par l'augmentation discriminatoire des frais d'inscription pour les étudiants extra-communautaires, dont ceux d'Amérique latine, du programme Bienvenue en France, ni par l'augmentation des frais d'inscription des étudiants de l'Union européenne peut-être prochaine selon les préconisations d'un rapport sénatorial, que l'on doit sauver l'Université. Les étudiants n'ont pas à payer le désengagement de l'État. Il est urgent que l’État débloque des moyens pour la rénovation de nos Universités, le recrutement de nos collègues et le dégel du point d’indice, seule mesure pouvant rendre le métier d’enseignant attrayant à nouveau.

 

Histoire

Bonsoir, voici la motion adoptée par les enseignants du département d'histoire réunis ajd en Assemblée générale :

L’assemblée générale des enseignants du Département d’Histoire, réunie le vendredi 9 octobre à 14 heures a aussi adopté à l’unanimité la motion suivante :

« Le département d’Histoire de l’Université de Rouen-Normandie exprime son soutien au mouvement des lycéens et des étudiants.

Depuis deux décennies environ, les gouvernements successifs imposent aux universités publiques de nouvelles charges sans leur apporter les financements nécessaires. Par exemple, la prise en charge des personnes en situation de handicap et la création d'une préparation au nouveau Capes (L3) ne sont pas financées par l'État et l'université doit puiser dans ses réserves pour les assurer. Le CROUS est dans la même situation pour les repas à 1 euro. Ces restrictions budgétaires touchent aussi les personnels des Universités. Ainsi l’État ne compense plus les augmentations de la masse salariale qu’il impose aux Universités (glissement Vieillesse-Technicité, cotisations retraites…), ce qui crée mécaniquement des déficits considérables. Le projet de budget actuel prévoit une nouvelle baisse de la dotation des Universités, compte tenu de l'inflation.

En raison du déficit qui frappe en 2026 l’Université de Rouen, l’une des moins bien dotées de France par étudiant, l’État exige d’elle qu’elle ne recrute aucun enseignant ou personnel administratif en 2027 et qu’elle supprime 5000 heures d’enseignement en 2027, puis autant en 2028 et encore en 2029, soit au total l’équivalent de 1250 groupes de TD d’une heure. Dans ce contexte, notre département sera très certainement contraint lors du changement des maquettes qui aura lieu à la rentrée 2028 de supprimer certains parcours.

La seule solution envisagée par le gouvernement est une hausse généralisée des frais d’inscription après les élections présidentielles : 900 euros pour une année de licence et 1500 euros par année de master ; les étudiants extra-européens doivent déjà payer 4000 euros pour une année de master.

Ces enjeux sont au cœur du mouvement actuel et c’est pourquoi nous lui apportons notre plein soutien. »

 

Sociologie

Le département de sociologie, réuni de manière exceptionnelle le 7 octobre 2026, salue l'ampleur des mobilisations lycéennes et étudiantes et s'oppose à la répression qui les cible. Les revendications portées par ce mouvement rejoignent celles qui, de longue date, sont les nôtres en tant que personnels de l'université : la défense d'un service public d'enseignement supérieur et de recherche de qualité, égalitaire et de proximité, dans un contexte d'austérité budgétaire sans précédent. Constatant que les conditions d'enseignement ne sont pas réunies, nous, enseignantes et enseignants du département de sociologie, décidons de suspendre nos activités pédagogiques tant que nécessaire. Nous refuserons donc toute demande de passage à l'enseignement en distanciel. Ce temps libéré nous permettra de poursuivre les échanges et le lien avec les étudiant·es, les lycéen·nes et l'ensemble des personnels durant la mobilisation, dans l'attente que l’État donne des garanties sur l'amélioration de leurs conditions d'étude et de nos conditions de travail.
 

Sciences de l’éducation

 
Le département des sciences de l’éducation et de la formation exprime son soutien aux mobilisations lycéennes et étudiantes et s’oppose à la répression qui les cible.
En tant que chercheur·es et enseignant·es, nous défendons une éducation qui favorise l’émancipation, l’esprit critique et l’exercice de la citoyenneté. Nous considérons que la parole des jeunes, leurs engagements et leur participation aux débats qui traversent la société constituent des dimensions essentielles de l’éducation à la démocratie. Ils doivent être entendus et reconnus, et non réprimés. Ces exigences sont indissociables de notre attachement à un service public d’enseignement supérieur et de recherche de qualité, accessible à toutes et tous, et doté des moyens nécessaires à l’accomplissement de nos missions.
Dans ce contexte, nous décidons de suspendre, aussi longtemps que nécessaire, nos activités pédagogiques habituelles prévues en présentiel. Ce temps sera consacré à des activités pédagogiques alternatives permettant de poursuivre les échanges avec les étudiant·es, les lycéen·nes et l’ensemble des personnels de l’Université de Rouen Normandie, confronté·es aux conséquences de l’austérité budgétaire. Nous demandons à l’État des engagements concrets pour améliorer les conditions d’étude et de travail de l’ensemble de la communauté universitaire et du secondaire.

 

Psychologie

Le département de psychologie de l’UFR SHS de l’Université de Rouen Normandie s’est réuni de manière exceptionnelle ce vendredi 9 octobre. En soutien des revendications des étudiant·es et afin de ne pas entraver leur mobilisation, l’ensemble des membres du département a décidé de suspendre à compter du lundi 12 octobre tous les enseignements de Licence et de Master et ce, tant que les conditions nécessaires au bon déroulement des activités pédagogiques en présentiel ne seront pas réunies. Le département de psychologie refuse en outre que cette suspension se traduise par un basculement vers l’enseignement à distance.