Motion du département LEA - Nanterre
Les personnels du département de LEA, réunis le 15 octobre 2026, affirment leur plein soutien à la mobilisation des lycéen·nes, des étudiant·es et des personnels pour un financement de l’Éducation nationale et de l’ESR à la hauteur de ses missions et pour un accès aux études supérieures ouvert à toutes et tous, sans sélection. Nous souscrivons pleinement à la motion de l'UFR LCE du 14 octobre 2026.
Le soir même du 14 octobre, la présidence a annoncé le basculement de tous les enseignements en distanciel jusqu'aux vacances d'automne, par un message assorti d'une note. Ce que la motion d'UFR redoutait est devenu une injonction, que nous jugeons grave.
Le message affirme qu'il n'est « en aucun cas question d'imposer » le distanciel ; la note dispose que les enseignant·es « sont tenus » d'y recourir. Nous contestons le fondement juridique de cette obligation. Décidée sans délibération des instances compétentes, elle modifie unilatéralement les modalités prévues par les maquettes, méconnaît l'indépendance des enseignant·es-chercheur·es et invoque des « circonstances exceptionnelles » que le texte ne définit jamais. Elle installe ainsi un cadre permanent, réactivable à chaque mobilisation.
À cette injonction s'ajoute une violence symbolique et institutionnelle : le message cite les motions des équipes pédagogiques pour mieux passer outre, et retourne l'angoisse des étudiant·es contre une mobilisation qui répond précisément à la dégradation de leurs conditions d'étude.
Le distanciel dégrade les apprentissages et creuse les inégalités. L'expérience des confinements a aussi montré ce qu'il coûte à la santé mentale des étudiant·es comme des personnels, et la note elle-même reconnaît le risque d'isolement. La réponse à l'inquiétude étudiante passe par la banalisation des cours et par des adaptations de programme dans le respect des M3C, que la présidence reconnaît relever de notre compétence.
En conséquence, le département de LEA :
- déclare qu'il n'appliquera pas la note du 14 octobre et réitère son refus du recours au distanciel ;
- informera les étudiant·es de cette position et adaptera les contenus évalués dans le respect des M3C ;
- exige le retrait de la note, la banalisation des enseignements et la saisine de la CFVU et du CA sur toute modification des modalités d'enseignement ;
- exige que le service de tous les personnels, précaires compris, soit reconnu comme service fait, sans retenue ;
- appelle les autres départements et UFR à faire de même.
Afin d’échanger, nous invitons les étudiant·es et les personnels de notre département à se rendre devant le bâtiment Maier ce lundi 19 octobre à 13h.
Motion adoptée à l'unanimité des 40 membres présent·es.