MOTION du département de Sciences de l’éducation - Paris Nanterre
Le 22/10/2026
Les enseignant.es du département des sciences de l’éducation et de la formation, réuni.es le 22 octobre 2026, affirment leur plein soutien à la mobilisation des lycéen·nes, des étudiant·es et des personnel.les pour un financement de l’Éducation nationale et de l’ESR à la hauteur de ses missions et pour un accès aux études supérieures ouvert à toutes et à tous.
Nous sommes en désaccord avec le courriel et la note de la présidence du mercredi 14 octobre qui imposent le basculement systématique des enseignements en distanciel jusqu'aux vacances d'automne. Le message et la note qui l’accompagne modifient unilatéralement les modalités prévues par les maquettes, en dehors de toute délibération des instances compétentes pour ce type de décision. Nous questionnons le fondement juridique de cette décision, par ailleurs largement impossible à mettre en pratique, en particulier dans notre licence, et que nous estimons inadaptée à nombre de nos enseignements.
Une cinquantaine d'étudiant.es de licence de sciences de l'éducation et de la formation réuni.es le jeudi 15 octobre nous ont fait part de leurs inquiétudes vis-à-vis du distanciel : conditions matérielles non réunies, difficultés à se concentrer pour suivre des cours en visioconférences ou pour réaliser le travail demandé en étant ainsi isolé.es, perte de lien social... La consultation organisée en ligne auprès des étudiant.es de la licence à la suite à de cette rencontre confirme ces propos.
En conséquence, nous refusons le recours systématique au distanciel, tout particulièrement lorsqu'il s'agit de dispenser des contenus. Cette modalité d'enseignement lorsqu'elle n'est ni choisie ni anticipée, place les étudiant.es dans des conditions inégalitaires et accentue les risques de décrochage.
Aucune évaluation ne portera sur des contenus qui auraient été délivrés lors des périodes durant lesquelles le contrôle d’assiduité aura été levé. Nous avons informé les étudiant·es de cette position.
L’université doit rester un lieu ouvert d’enseignement, de recherche, de dialogue et de débat. Nous saluons les activités qui se sont tenues sur le campus. Celles-ci participent pleinement aux apprentissages tout au long de la vie, auxquels nous sommes particulièrement attaché.es dans notre discipline. Nous appelons les étudiant.es et les personnel.les à ne pas déserter le campus, à s’y réunir, et à poursuivre ces initiatives et ces échanges. Nous appelons les autres départements et UFR à faire de même.
Nous demandons que le service de tous les personnel.les, précaires compris, soit reconnu comme service fait, sans retenue.