Motion du département de philosophie de l'UGA

Publié le 3 novembre 2026

Motion du département de philosophie de l’Université Grenoble Alpes en soutien à la mobilisation lycéenne 

Adoptée le jeudi 22 octobre 2026 à l’unanimité des votant·e·s

(32 membres ; 27 votant·e·s)

De concert avec de nombreux autres département de philosophie à l’échelle nationale, le département de philosophie de l’Université Grenoble Alpes, réuni le mardi 20 octobre et composé de ses enseignants chercheurs et enseignantes-chercheuses titulaires ainsi que  de ses enseignant·e·s vacataires, exprime par cette motion son plein soutien à la mobilisation actuelle des lycéens et lycéennes comme des étudiants et étudiantes. 

Nous sommes solidaires des revendications de la mobilisation lycéenne, qu’elles portent sur les moyens matériels et humains de la formation dans le secondaire, l’organisation de cette formation sur un plan à la fois temporel et démocratique, les conditions d’accès à l’enseignement supérieur et les droits sociaux plus larges qui conditionnent la réalisation de la promesse républicaine d’une éducation pour toutes et tous. 

Nous saluons le courage avec lequel ces revendications sont formulées et condamnons fermement la violence de la répression policière exercée à l’encontre du mouvement social qui les porte dans l’espace public. Cette violence inacceptable à l’endroit de personnes mineures comme majeures porte atteinte aux droits fondamentaux que sont la liberté d’expression, la liberté de réunion et la liberté de manifester. 

Nous reconnaissons que ces revendications, explicitement articulées à celles de la mobilisation étudiante dénonçant la dégradation continue des conditions d’études et de travail dans l’enseignement supérieur, sont aussi les nôtres. Elles rejoignent les demandes, exprimées à maintes reprises et de longue date, pour un service public d’enseignement supérieur de qualité, accessible à toutes et à tous, doté des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions et capable de répondre aux enjeux de justice sociale qui concernent tant les étudiant.e.s que les personnels, dans toute leur diversité. Nous déplorons l’absence de réponse politique à ces revendications lycéennes et étudiantes, notamment en termes de mesures budgétaires concrètes, voire le mépris avec lequel elles sont traitées. 

Nous condamnons enfin le recours à la force pour débloquer les bâtiments universitaires mobilisés et contestons la délocalisation des enseignements ou leur passage en distanciel, ainsi que les fermetures administratives de maintien de l’ordre. Nous réaffirmons parallèlement notre attachement aux formes non violentes de mobilisation et au respect des personnes, conditions essentielles à l'exercice des libertés académiques et de la désobéissance démocratique.