Motion du CEMS
Les membres du CEMS réuni·es le 14 octobre 2026 en assemblée générale se déclarent solidaires du mouvement lycéen et étudiant, et indigné·es par la brutalité de la répression et par les violences policières. Nous condamnons un nombre d’interpellations sans précédent – même au plus fort du mouvement des Gilets jaunes – qui concernent un très grand nombre de mineur·es. Nous nous opposons également à toute présence policière sur les campus. Nous exprimons notre soutien à Ritchy Thibault, étudiant en anthropologie à l’EHESS, et nous exigeons la fin de sa détention provisoire, sans poursuites.
Nous dénonçons ce climat d’intimidation et de décrédibilisation du mouvement ainsi que le recul des libertés académiques, y compris au sein de l’EHESS. Nous contestons fermement cette tendance et nous nous rallions aux autres laboratoires déjà mobilisés.
Nous nous retrouvons pleinement dans les mobilisations contre la dégradation du service public et réclamons plus de moyens pour l’éducation, la recherche, la santé et le travail social. Faire front en ce sens est crucial dans un contexte où l’extrême droite attaque explicitement la recherche en sciences sociales en présentant un amendement pour la dissolution du Campus Condorcet et la Fondation Maison des sciences de l’homme.
Dans le même sens, nous réaffirmons, avec le mouvement étudiant, notre opposition à la mesure raciste et xénophobe d’instauration de frais d’inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·es extracommunautaires. Bien que l’EHESS refuse de l’appliquer, nous réitérons l’importance de nous mobiliser sur ces enjeux alors que le syndicat Solidaires publie un rapport alarmant sur les grandes disparités de conditions de vie et d’études à l’EHESS et l’absence de prise en compte des besoins des plus précaires.
Nous condamnons les fermetures « préventives » des établissements d’enseignement supérieur, dont les bâtiments rattachés à l’EHESS, qui nous empêchent de nous réunir, d’échanger et de prendre des décisions collectives. Ces fermetures, qui n’ont fait l’objet d’aucun arrêté, sont abusives et sortent du cadre légal : nous réclamons l’arrêt immédiat de ces mesures. Nous sommes contre le passage des cours en distanciel car nous refusons de contourner les mobilisations par ce moyen d’enseignement dégradé. Nous réclamons l’ouverture du hall du 54 boulevard Raspail pour tout·es les étudiant·es et personnels mobilisé·es, afin de devenir un espace d’échanges et d’organisation.
Nous appelons l’ensemble de la communauté de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à rejoindre les luttes en cours, à multiplier les actions de mobilisation et à se mettre en grève.