Motion des enseignantes chercheuses et enseignants chercheurs du département Géographie et Territoires de l’Université Lyon 3 Jean Moulin
Nous souhaitons que les enseignements puissent être effectués dans des conditions matérielles dignes pour tout.es, dans les lycées comme dans les universités. Nous comprenons la colère et l’inquiétude des élèves et étudiant.es dans ce contexte social, économique, climatique et politique difficile. Nous partageons leurs inquiétudes sur la réussite de leur cursus et la difficulté d’assurer à chacun.e un avenir professionnel serein sans que soient mis à disposition des moyens supplémentaires avec une répartition plus équitable entre les établissements dans l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. À l’échelle nationale, les élèves et étudiant.es ont besoin d’enseignant.es titulaires, suffisamment rémunérés pour que le métier redevienne attractif, et suffisamment nombreux pour éviter les classes surchargées inaptes à la réussite lycéenne et estudiantine. Nous réclamons également des locaux dignes et adaptés pour tout.es.
Nous souhaitons que cesse enfin le sous financement chronique de l’enseignement secondaire, de l’enseignement supérieur et de la recherche publics et que l’éducation demeure accessible pour tout.es dans de bonnes conditions. Nous nous opposons à la mise en application des frais d'inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·es extracommunautaires (loi "Bienvenue en France"). Nous déplorons la surcharge de travail qui pèse sur les enseignant.es conduisant à des cas de plus en plus fréquents de burn-out. Le recrutement de personnels administratifs, de personnels d’appui à la recherche et de personnels enseignants est une condition nécessaire pour pouvoir enfin exercer l’ensemble de nos missions (il n’est actuellement pas possible de pouvoir consacrer 50% de notre activité professionnelle à nos activités de recherche).
Nous refusons la répression policière en cours envers les jeunes, dans l’hexagone et les territoires ultra-marins.
Nous nous inquiétons de la dérive actuelle quant au traitement qui est fait des sciences, en particulier des sciences sociales, tant médiatiquement que par toute une partie de la classe politique attaquant des chercheur.ses au mépris des libertés académiques.
Nous comprenons la difficulté pour les établissements, contraints d’imposer le recours au distanciel, mais nous en soulignons les conséquences inégalitaires. Nous souhaitons que ces solutions soient extrêmement limitées dans le temps et nous attendons des réponses politiques rapides qui permettent d’enfin écouter les revendications de la jeunesse et de l’ensemble des personnels de l’enseignement, dans le secondaire comme dans le supérieur.
L’ensemble des enseignantes chercheuses et des enseignants chercheurs du département « Géographie & Territoires » de l’Université Lyon 3 Jean Moulin.