Motion des doctorant·es du laboratoire des Archives Henri-Poincaré en soutien aux mobilisations lycéennes et étudiantes
Les doctorant·es du laboratoire des Archives Henri-Poincaré expriment leur soutien aux revendications portées par les lycéen·es et étudiant·es.
À ce titre, nous dénonçons la dégradation continue des conditions de travail dans l’Éducation nationale (démissions massives près de dix fois plus nombreuses depuis 2010, rémunérations inférieures à la moyenne des pays de l’OCDE, baisse systématique des moyens consacrés à chaque étudiant·e depuis la fin des années 1980, etc.)
Nous dénonçons les inégalités d’accès à l’éducation supérieure engendrées par l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es extra-communautaires ainsi que les entraves administratives à la régularisation de leur situation (notamment les délais d’attente). En plus d’être une mesure discriminatoire, elle porte atteinte à l’égalité d’accès à l’éducation. Par ailleurs, la plateforme Parcoursup accroît les inégalités d’orientation et génère de l’angoisse chez les lycéen·nes.
Nous dénonçons le manque de moyens économiques reléguant l'enseignement et la recherche à des enjeux secondaires de la vie du pays. Nous demandons que la formation des jeunes citoyen·nes de notre pays soit réellement érigée en priorité, avec un programme économique à la hauteur des discours politiques, aujourd'hui vidés de leurs actes.
Nous dénonçons la répartition inégalitaire des moyens alloués entre les disciplines défavorisant les sciences humaines et sociales. Les logiques de financement et l’injonction à la rentabilité économique immédiate conduisent à sous-valoriser des disciplines dont la valeur ne se mesure pas en retombées marchandes.
En tant que jeunes chercheur·euses, le manque de ressources financières et matérielles (contrats doctoraux, manque de bureaux, etc.) nous empêche de poursuivre sereinement nos recherches. Nous dénonçons l'injonction à la concurrence doctorale à laquelle nous faisons face en raison du manque de moyens alloués à la recherche et du peu de postes stables envisageables à l'université pour la suite de notre carrière. Cette mise en concurrence s’oppose à notre pratique de la recherche et à notre conception d’une science collaborative et ouverte à toustes.
Enfin, le droit de manifester est un droit fondamental protégé par l’art. 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Nous exigeons que ce droit soit garanti et respecté et nous opposons à la non-reconnaissance, l'invalidation et la criminalisation (comparution immédiate, peines de prison ferme, etc.) des jeunes qui exercent ce droit en tant qu’acteur·ices de la vie démocratique. Nous dénonçons la violence inouïe déployée contre ce mouvement social, nous inquiétant notamment du nombre faramineux de mises en garde à vue ainsi que de l'utilisation d'armes classées "de guerre" sur des lycéen·nes et étudiant·es dont le seul souhait est de pouvoir étudier dans de meilleures conditions. Nous dénonçons l’inaction de la police face à la présence des milices néo-fascistes qui s’attaquent au mouvement social et l'absence de réaction institutionnelle.
Motion votée à l'unanimité des présent·es.