Motion des doctorant.e.s des laboratoires HAR, Dicen, Lipo, CSLF, Ireph, ArScAn et SophiaPol

Publié le 23 octobre 2026

Cette motion rejoint la motion déjà votée par les personnels de l’UFR PHILLIA à laquelle nous souscrivons sans réserve, et à laquelle nous souhaitons ajouter notre voix propre, pour faire entendre nos revendications.
Nous exprimons, par la présente, notre soutien plein et entier au mouvement lycéen et étudiant, dont nous partageons les revendications, et condamnons la violente répression. Les universités françaises, dont la nôtre, sont accablées par le manque de moyens qui affecte leur bon fonctionnement et nos conditions de travail à tou.te.s. Comme doctorant.e.s, nous souffrons directement de cette situation, qui implique une pénurie de contrats doctoraux et de postes d’ATER, pénurie qui s’aggrave chaque année, et une compromission de nos perspectives d’avenir. Nous déplorons notamment les années blanches où aucun.e titulaire n’est recruté.e, et ce dans tous les départements. Nous appuyons alors avec force l’exigence d’un budget suffisant pour permettre la mise en place de mesures urgentes, à commencer par l’embauche massive de personnels enseignants, administratifs et techniques, ainsi que la rénovation du bâti.
Notre statut de personnels précaires nous conduit à nous opposer au passage en distanciel des cours initialement prévus en présentiel, qui détériorerait encore nos conditions de travail. Le distanciel engendre une fracture numérique (des étudiant.e.s comme du personnel, qui n’a pas été équipé et formé pour assurer le travail à distance), augmentant les inégalités face aux apprentissages mais également le risque d'isolement et des difficultés techniques. Pour toutes ces raisons, nous refusons un tel basculement, qui ne saurait être rendu nécessaire au nom de la « continuité pédagogique ». Nous demandons, à ce titre, à ce que ne soit pas rendu obligatoire le contrôle d’assiduité des étudiant.e.s. Nous exigeons, en outre, que ces enseignements “à distance” ne puissent être évalués, et demandons plus de clarté à ce sujet de la part de la Présidence. De plus, la continuité pédagogique est déjà prise en charge par d’autres dispositifs mis en place par les étudiant.e.s dans le cadre de l’université ouverte et autogérée.
Nous demandons à ce que les cours qui ont été annulés pendant la fermeture administrative de l’université (et jusqu’à la fin du semestre) soient considérés comme des enseignements réalisés, et partant qu’ils soient intégralement rémunérés aux vacataires d’enseignement. Une grande partie de la charge des cours est honorée par des doctorant.e.s qui subissent déjà le manque de recrutement d’ATER, et dépendent financièrement et professionnellement de ces vacations.
Pour ne pas les pénaliser doublement, il est nécessaire de rémunérer les vacations n’ayant pu être réalisées au cours du semestre. Nous appuyons également la mise en place d’une contractualisation des vacataires, et de la mensualisation de leurs salaires. De plus, la sousdotation chronique dans l’ensemble des services de l’enseignement supérieur implique des retards de paiement et des maltraitances administratives considérables pour l’ensemble des personnels.
Les coupes budgétaires à répétition dans le domaine de l'Éducation représentent un danger véritable pour la jeunesse, et nous tenions à alerter sur la dangerosité de ces directives violentes, qui favorisent les inégalités et qui laissent poindre des perspectives inquiétantes pour l'avenir des lycéen.ne.s et des étudiant.e.s.