Motion des doctorant·es de l'IRISSO
Les doctorants du laboratoire de l’IRISSO affirment leur solidarité avec les revendications légitimes des lycéen·nes et des étudiant·es concernant les conditions de formation qui, de l’école à l’université, mettent en péril l’avenir de la jeunesse.
Les membres du laboratoire s’opposent fermement à la répression policière des mobilisations en cours et expriment leur indignation face à l’intrusion de la police au sein de campus universitaires. Les lieux d’enseignement doivent rester des lieux où les étudiant·es peuvent apprendre, échanger mais aussi s’exprimer et exercer leur esprit critique envers les instances de pouvoir. Nous apportons notre soutien aux lycéen·nes et étudiant·es mobilisé·es et nous associons aux revendications du mouvement notamment l’abrogation de Parcoursup et Mon Master, un recrutement de personnels à la hauteur des besoins, la rénovation du bâti scolaire pour l’adapter au réchauffement climatique et la diminution du nombre d’élèves par classe.
En solidarité avec nos collègues de l’Éducation nationale, nous dénonçons également le manque de moyens grandissant dans l’ESR, qu’il s’agisse de la raréfaction des postes ou de la détérioration des conditions de travail, qui touchent d’autant plus les contractuel·les et précaires de nos universités. Nous demandons notamment la suppression des frais d’inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·ères et du projet d’augmentation des frais pour l’ensemble des étudiant·es, la création de postes ainsi que des moyens pour accueillir les étudiant·es dans de bonnes conditions.
L’ensemble des doctorant·es chargé·es de cours et des titulaires du laboratoire apporte son soutien aux étudiant·es mobilisé·es qui subissent le choix de la présidence de faire basculer les enseignements en distanciel, choix qui implique son lot d’inégalités et de souffrances psychologiques pour les étudiant-es. À cela s’ajoute le fait que les enseignant·es, privé·es des moyens matériels nécessaires à la dispense des cours, sont contraint d’assumer eux·elles-mêmes la tenue de cours dans des conditions dégradées. Nous appelons les enseignant-es de Dauphine à refuser le distanciel pour leurs cours ou a minima à lever l’assiduité de leurs cours dispensés par visioconférence, pour ne pas pénaliser celleux qui disposent de conditions matérielles incorrectes et pour ne pas entraver la mobilisation. Nous appelons également à des décisions collectives concernant les modes d'évaluation reflétant les conditions exceptionnelles de ce semestre.
Nous appelons ainsi à la convergence des mobilisations lycéennes, étudiantes et des personnels de l’enseignement secondaire et supérieur en faveur d’un service public d’éducation égalitaire, pourvu de moyens à la hauteur de ses missions, permettant des conditions de recherche, d’enseignement et d’apprentissage dignes pour tous·tes.