MOTION de l’UFR DSP de Nanterre
Publié le 14 octobre 2026
Les enseignant·es l’UFR DSP se sont réuni·es en AG le 8 octobre 2026 (environ 35). Ils remercient les membres de l’équipe de la présidence de l’Université qui ont pris le temps de venir échanger. A la suite de cette AG, une motion a été rédigée et proposée à la signature des membres de l’UFR DSP.
- L’attachement à la réouverture de l’Université.
Les personnes présentes à l’AG prennent acte des arguments relatifs à la sécurité des biens et des personnes qui ont jusqu’ici présidé aux décisions de fermeture administrative de l’Université.
Sans nier ou méconnaître ces arguments, les enseignant·es de l'UFR DSP soulignent le piège dans lequel ils risquent d’enfermer l’Université. En effet, dans un contexte de mouvement social national, comment les conditions d'une absence totale de risque pour la sécurité des personnes et des biens pourraient-elles être réunies à brève échéance ? De même, comment tout risque de blocage ou occupation pourrait-il être écarté ?
Les enseignant·es attirent aussi l’attention sur la portée politique des décisions de fermeture administrative qui se multiplient à l’échelle locale et nationale, et sur l’écho qu’elles font aux décisions préfectorales d’interdiction des rassemblements autour des collèges et lycées : ces derniers visent clairement à neutraliser le mouvement social ; et si la présidence de l’Université Paris Nanterre insiste sur le fait que ce n’est pas là son objectif, force est de constater que c’est pourtant bien là l’effet produit.
Les enseignant·es expriment donc leur souhait que toute mesure de fermeture administrative puisse être levée et ce, dans les meilleurs délais. - L’opposition au basculement des activités d’enseignement en distanciel
Les enseignant·es ont également majoritairement exprimé leur inquiétude vis-à-vis d’un éventuel basculement des activités d’enseignement en distanciel. En particulier, ils soulignent le danger du raisonnement qui consisterait à voir dans cette option une alternative à la réouverture de l’Université.
Les enseignant·es rappellent les méfaits de l’enseignement en distanciel : décrochage des étudiant·es, effets négatifs sur la santé mentale des étudiant·es comme des enseignant·es, ruptures d’égalité multiples du fait des circonstances personnelles des un·es et des autres – enseignant·es comme étudiant·es.
Les enseignant·es rappellent aussi le coût politique d’une telle option, qui fait du cœur de la mission d’enseignement la variable d’ajustement d’une volonté politique de contourner le mouvement social au moyen de technologies qui, renvoyant chacun·e chez soi, désocialise la relation étudiant·e/enseignant·e.
S’ils et elles sont tous attentifs au maintien des relations avec leurs étudiant·es, ils s’inquiètent, en conséquence, de l’annonce d’une note de « cadrage » des activités en distanciel, qui aura pour conséquence de revenir sur le principe de son interdiction.
En toute hypothèse, ils soulignent l’importance que l'ouverture de l'Université soit effectivement tentée avant toute décision de cette nature, et souhaitent que la situation ne soit pas appréhendée par une association entre fermeture et distanciel ; d’autres choses doivent être tentées : réouverture, programmation de moments d'échanges entre enseignant·es et étudiant·es (créneaux et espaces réservés), tenue en présentiel de certains enseignements (spécialement les CM avec TD, les cours dispensés par des professeur·es invité·es étranger·es, les enseignements dans les formations en alternance), médiation en cas de blocage.