Motion de l’UFR ASSP de l’Université Lyon 2

Publié le 15 octobre 2026

Le personnel administratif et enseignant, titulaire et non-titulaire, de l’UFR ASSP (Anthropologie, Sociologie, Science Politique) réuni en Assemblée générale ce mercredi 7 octobre 2026, appelle à rejoindre le mouvement lycéen et étudiant en cours pour la défense du service public de l'éducation.

Nous soutenons l'ensemble des revendications formulées par le mouvement lycéen et le mouvement étudiant : rénovation des établissements scolaires, adaptation des infrastructures aux conditions extrêmes de chaleur et de froid, embauche massive de personnels, réflexion sur les rythmes scolaires, augmentation du nombre de personnel scolaire (AED, AESH, infirmier·es scolaires, psychologues de l'éducation nationale...), suppression de Parcoursup et de Monmaster, création de places à l'Université et dans les logements CROUS, refonte de la démocratie lycéenne, revalorisation des bourses et des APL, accès réel au repas à 1 euro pour les étudiant·es, abrogation du décret « Bienvenue en France »… 

Nous condamnons la violence extrême de la répression policière, choisie comme réponse à la mobilisation. Il est inacceptable de voir des lycéens.nes mutilés.ées par des armes comme les LBD, classées armes de guerre par la réglementation internationale. L’emballement répressif, et le nombre sidérant de gardes à vues prononcées (5060, dont 4400 mineur.es en deux semaines) révèle un pouvoir en guerre contre la jeunesse. Cette répression inouïe doit cesser immédiatement. Dans cet esprit, l’AG appelle la présidence à toujours veiller à privilégier l'intégrité des étudiant.es et du personnel sans avoir recours aux forces de l'ordre.

Nous appelons les collègues de l’ESR à rejoindre les mobilisations. Lancé en septembre depuis des lycées des quartiers populaires de Seine Saint Denis et du Val de Marne, autour de constats dramatiques et urgents – enseignant.es non remplacé.es, classes surchargées, bâtiments vétustes et dégradés – le mouvement social s'est étendu en quelques jours à plus à plusieurs centaines d'établissements scolaires et universitaires. Lycéen.nes, étudiant.es et personnels du secondaire et du supérieur font face à des politiques de sous-financement qui contribuent à la destruction du service public de l’éducation et à l'accroissement des inégalités sociales et spatiales.

Nos revendications s'inscrivent dans la continuité de celles portées par les lycéen.nes et étudiant.es :

  • suppression de la sélection (Parcoursup, MonMaster) ;

  • suppression de l’application des frais d’inscription différenciés pour les étudiant.es extra-communautaires ;

  • réduction des effectifs en TD (37 en L1 c’est pas possible!) ;

  • contractualisation des vacataires qui composent jusqu'à 64 % des personnels enseignants dans l'ESR ;

  • recrutement de personnels BIATTS (bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniques, pédagogiques, sociaux et de santé) ;

  • augmentation des salaires des personnels BIATSS et des enseignant.es/chercheur.ses non titulaires et allongement des contrats doctoraux ;

  • des locaux et espaces de travail favorables, sains et adaptés aux épisodes de canicule ou de grand froid ;

  • Un grand plan d’investissement dans l’ESR : ouverture de postes d'enseignant.es-chercheur.ses titulaires pour faire face au nombre croissant d’étudiant.es et ouverture de postes d’ATER.

Enfin, l’AG condamne fermement le recours devenu systématique à la fermeture des sites universitaires. Elle appelle à refuser la mise en place de tout enseignement à distance, mesure discriminante et désastreuse sur le plan pédagogique. Nous rappelons que le télétravail doit reposer sur le volontariat et ne peut être imposé unilatéralement par l’employeur. Nous demandons également que l’université facilite l’accès à des espaces qui permettront aux étudiant.es et aux personnels de s’informer, d’échanger, de débattre et d’éviter ainsi que fermeture et blocages ne conduisent à une « fac morte », vidée de ses étudiant.es et de son personnel. Ces espaces, pensés en soutien à la mobilisation sociale, permettront de maintenir le dialogue au sein de notre communauté universitaire, aussi bien sur l’actualité des mobilisations, comme la possibilité de réaliser des cours alternatifs ou des AG, que sur la question des enseignements et du fonctionnement de l’université. La fermeture systématique des campus de Lyon 2, qui s’ajoute aux blocages, ne doit pas avoir pour conséquences d’empêcher ces échanges ni de disperser et de fragiliser les collectifs concernés, en particulier celui des étudiant.es.