Motion de la Faculté des sciences sociales de l’Université de Strasbourg
Depuis plusieurs jours, les lycéen.ne.s se mobilisent dans toute la France pour leurs droits aux études et pour l'égalité et la dignité des conditions de scolarisation, particulièrement dans les quartiers populaires. Ils et elles demandent également l'abrogation de Parcoursup, vécu par un grand nombre d'entre elleux comme une machine à fabriquer de l'exclusion.
Depuis le 1er octobre, dans de nombreuses universités, les étudiant.e.s ont rejoint cette mobilisation naissante, insistant notamment sur la revendication d'abrogation des frais différenciés pour les étudiant.e.s étranger.e.s.
Le gouvernement a immédiatement fait le choix de la répression. En deux semaines, on dénombre 5060 gardes à vue, dont 4400 de mineur.e.s. [Pour mémoire, il y a eu en un an de mobilisation des Gilets jaunes 6730 GAV, 1920 lors des mouvements anti-CPE de 2006 et 4500 lors des émeutes de 2005 (dont 950 de mineur.e.s).] La répression policière a également causé à ce jour plusieurs mutilations de jeunes, et s'accompagne régulièrement de violences sexuelles, sexistes, et racistes. Nous faisons face à un mouvement inédit de répression des revendications légitimes de la jeunesse.
La faculté des sciences sociales apporte son soutien à la mobilisation des étudiant.e.s et lycéen.ne.s et dénonce la répression dont la jeunesse scolarisée est victime. La colère qui s'exprime contre la violence sociale et économique et les violences policières est aussi la nôtre.
Nous décidons la banalisation de la journée de ce jeudi 8 octobre : pour toute la journée, il n'y aura ni visio, ni cours en présentiel ; l'enseignement est reporté ou annulé au bon vouloir de chaque enseignant.e, qui peut choisir de diffuser le cas échéant des PDF ou supports via les plateformes pédagogiques.
Nous appelons également à se réunir en AG étudiant.es et enseignant.es, ce jeudi 8 octobre à 12h dans l'amphi 4 de l'Institut Le Bel.