MOTION DE LA 17e SECTION DU CNU (Philosophie)
Le 21 octobre 2026
La 17e section du Conseil National des Universités exprime son plein soutien aux lycéennes, lycéens, étudiantes et étudiants qui sont actuellement mobilisé.e.s et qui réclament des conditions de formation dignes ainsi qu’une remise à plat des conditions d’accès à l’université, visant à permettre le droit de toutes et tous à accéder à l’éducation. Nous appelons à une refonte du système de sélection des lycéens via la plateforme Parcoursup et des étudiants de Licence via la plateforme Monmaster, dont la logique concurrentielle produit non seulement des effets délétères sur les candidat.e.s, mais accentue en outre les inégalités entre universités et dans l’accès à l’enseignement supérieur, tout en bénéficiant essentiellement aux formations privées.
Nous tenons à rappeler que nous alertons depuis des années en vain sur la dégradation des conditions d’enseignement et de recherche à l’université, le manque de moyens, le gel des postes d’enseignant-chercheurs, la suppression de postes administratifs, qui produit de facto une dégradation des conditions d’accueil, de formation et de suivi pour les étudiant.e.s des universités. Nous déplorons les effets des nouvelles formes de gouvernance « managériale » qui se sont généralisées depuis la loi sur l’autonomie des universités, les transferts de charges sans compensation, les logiques de productivité et de rentabilité qui se sont imposées et qui mènent à cette situation dans laquelle les étudiantes et étudiants mais aussi les enseignantes et enseignants chercheuses et chercheurs ne reconnaissent plus l’université libre, ouverte et égalitaire qu’elles et ils entendent défendre. Nous sommes particulièrement préoccupés par les réformes en cours concernant l’accès des étudiants étrangers extra-communautaires aux formations universitaires (dispositif « Bienvenue en France »).
Alors que le dialogue et l’écoute s’imposent, la réponse policière et répressive apportée aux revendications des lycéennes, lycéens, étudiantes et étudiants nous semble scandaleuse, irresponsable et inadaptée. Nous exprimons par ailleurs notre plus vive opposition aux interventions des forces de l’ordre qui ont eu lieu au sein de plusieurs campus universitaires. Nous désapprouvons aussi la généralisation des fermetures administratives « préventives » qui constituent une manière d’interdire les débats et l’expression de revendications. L’injonction à assurer la continuité pédagogique via la généralisation et la banalisation de cours assurés par visio-conférences nous apparaît hautement problématique. Tout projet d’évaluation à distance serait encore plus discutable.
Dans un contexte où les difficultés rencontrées dans les lycées, les universités et plus globalement l’ensemble du service public deviennent criantes par faute de moyens matériels et humains, il nous semble plus que jamais nécessaire de rappeler notre attachement à une université ouverte, accessible et à même de remplir les missions de formation des citoyennes et des citoyens à l’esprit d’analyse et de critique.