Motion CA 18/03/05

Publié le 18 mars 2005
Commission Administrative Nationale du SNESUP du 18/03/2005
adopté à l'unanimité

Le Service Public de Recherche et d'Enseignement Supérieur au c?ur des enjeux
La Communauté Universitaire au c?ur du mouvement social

Les 9 mars-10 mars : la montée du mouvement social contre la politique libérale

Le 10 mars,

ensemble salariés du privé et salariés du secteur public, à plus d'un million dans la grève et dans les puissantes manifestations de rue, ont signifié leur rejet de la politique libérale menée par ce gouvernement, notamment en matière d'emploi, de salaire, de conditions de travail. Les enseignants du supérieur y ont largement participé en réponse aux attaques contre l'emploi public, le service public d'enseignement supérieur et de recherche, leurs salaires, leurs carrières, leurs missions et statuts.

Plus qu'un avertissement, c'est la mise en cause directe des mesures et orientations libérales du gouvernement, et de l'Union Européenne. C'est la volonté partagée d'imposer la prise en compte de revendications rejetées depuis des mois par ce gouvernement, de s'opposer aux projets libéraux contre la recherche et l'enseignement supérieur (LOPRI, LOLF), contre le système éducatif tout entier (Loi Scolaire), avec notamment les actions multiples du 11 mars dans les IUFM. Ce mouvement a montré les possibilités de s'opposer ensemble aux projets destructeurs du Ministre.

Le 9 mars,

la journée nationale pour la recherche et l'enseignement supérieur a constitué par son succès une étape importante, vers des mobilisations à développer.

La recherche et l'enseignement supérieur : un enjeu de société

  • Pilotage et asservissement ou Liberté et concertation pour la recherche :

    le projet de LOPRI du gouvernement fait comme si les résultats de la recherche pouvait se programmer, et il confie l'attribution des moyens à des agences composées de personnalités nommées par le pouvoir politique. Avec d'autres, nous proposons la garantie de financements réguliers pour les équipes positivement évaluées, des instances d'évaluation et de décision majoritairement élues,
  • Éclatement, déclassements, ruptures ou Développement équilibré :

    le projet de LOPRI prévoit un démembrement du service public, au plan des formations (le L coupé du M-D), de la recherche (statut discriminant des PRES-Fillon), des missions et statuts des personnel et des établissements. Avec d'autres, nous proposons une organisation coopérative et non compétitive de la carte universitaire et scientifique,
  • Précarité étendue ou Vrai statut et perspectives pour les jeunes chercheurs :

    à l'inverse des propositions syndicales, le projet de LOPRI grossirait le nombre des contractuels, intermittents, chômeurs et exilés du supérieur et de la recherche ; il aggraverait la précarité des post-docs. Avec d'autres, nous proposons un véritable statut de salarié pour les doctorants, la résorption de la précarité pour tous les personnels, un recrutement précoce dans le service public,
  • Misère ou Nouvel essor des universités, labos, formations :

    avec le projet de LOPRI, il faudrait des décennies pour résorber les déficits d'encadrement en enseignants-chercheurs comme en IATOSS, et la majorité des équipes et cursus resteraient en difficulté. Avec d'autres, nous proposons un rattrapage substantiel du retard de la France sur ce plan, un Collectif Budgétaire dés 2005 pour 4500 emplois dans le service public.

La C.A. affirme des objectifs ambitieux.

Contre la résignation, il est possible de mobiliser les collègues sur ces questions de société : démocratisation de l'enseignement supérieur, développement de la recherche selon sa propre dynamique et la réponse aux besoins sociaux, prise en compte des acquis du mouvement 2004 avec Grenoble et les développements récents pour des revendications et propositions renforcées.

Débattre, rassembler dans l'action, placer le congrès au c?ur du mouvement,
se donner les moyens de nos responsabilités

Dans l'Intersyndicale, avec SLR, le SNESUP appelle aux développements de la mobilisation

  • Dés maintenant :

    " 100 campus en colère " contre la LOPRI pour une vraie Loi d'Orientation et de Programmation. Il est déterminant d'informer et d'alerter l'ensemble des universitaires à travers cette campagne, de faire largement partager les propositions et revendications développées ensemble, en particulier contre la précarité pour l'emploi et les crédits, pour le temps et les moyens de la recherche ;
  • 2 avril :

    journée nationale unitaire à l'appel des Fédérations de l'Éducation, qui doit être un nouveau temps fort. En convergence avec les jeunes et l'ensemble des personnels du système éducatif, les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche doivent montrer de façon visible au Ministre, au Gouvernement que ses projets ne passeront pas quelles que soient ses man?uvres de division, ou de diversion.
  • 6 - 7 - 8 avril :

    le Congrès du SNESUP se tiendra dans ce mouvement de lutte. Il doit être le moment privilégié pour rassembler tous les syndiqués, consolider et élargir la syndicalisation, ouvrir de larges débats sur les questions de fond :
    • L'offensive libérale contre le service public d'enseignement supérieur et de recherche est un élément clé de la politique menée contre l'emploi, les salaires, les droits et les conditions de travail.
    • Nos propositions pour une authentique Loi d'Orientation et de Programmation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur.
    • Cette offensive libérale menée par le gouvernement et le MEDEF s'appuie sur les mesures et l'orientation de la Commission Européenne.

La CA rappelle sa condamnation du contenu du projet de Traité de la Constitution Européenne, exprimée le 28 janvier. Elle souligne l'importance et la dynamique du mouvement social et de la dynamique du NON pour une autre Europe. Elle invite le Congrès à un appel solennel au rejet du TCE, et au vote NON au référendum du 29 mai 2005.

Dès maintenant, la CA appelle les syndiqués à en débattre dans la préparation du Congrès, dans les débats à organiser notamment dans leur établissement. Ces débats doivent permettre aux syndiqués qui le souhaitent de s'engager dans la campagne référendaire sur la base de la réflexion des CA du 28 janvier et du 5 mars 2005.