Message des doctorant·es et chargé·es d'enseignement non-titulaires de science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, réuni·es en AG ce vendredi 9 octobre
"En soutien au mouvement lycéen, nous, doctorant·es et chargé·es d'enseignement non titulaires de l'UFR de science politique de l'université Paris I, sommes en grève depuis le mardi 6 octobre. Nous poursuivons notre grève lundi 12 et mardi 13 octobre, de manière reconductible.
Nous affirmons d'abord notre soutien aux lycéen·nes, qui appellent au respect de leur dignité et condamnent les politiques racistes et classistes qui créent des conditions d'apprentissage différenciées sur notre territoire. Nous nous joignons aux revendications portées par les lycéen·nes et étudiant·es (fin des classes surchargées, rénovation des bâtiments, embauche de personnels, refonte des rythmes scolaires et universitaires, fin de la sélection sur Parcoursup et Mon Master, etc.). On ne peut aujourd'hui se satisfaire d'un modèle d'enseignement saccagé d'année en année par des coupes massives et des budgets d'austérité. Le modèle pour lequel nous nous battons est celui d'une université publique financée, ouverte et libre, où chacun⋅e puisse avoir sa place et où les enseignant·es et personnels puissent travailler dans des conditions dignes.
Nous dénonçons ensuite la répression totalement inédite à laquelle les lycéen⋅nes et étudiant⋅es ont eu à faire face, et qui a tout particulièrement ciblé la jeunesse des banlieues. Nous ne pouvons rester de marbre lorsque des armes de guerre sont utilisées lors d'opérations de "maintien de l'ordre". Cette dérive, qui s'observe depuis plus d'une décennie dans le cadre des manifestations, doit à tout prix nous alerter sur l'état de nos libertés publiques. Il est absolument intolérable que des humain·es - et encore plus des mineur·es - se retrouvent arrêté·es, gazé·es et/ou mutilé·es simplement pour avoir voulu exprimer des revendications.
Nous estimons qu'il est de notre devoir de soutenir, par tous les moyens dont nous disposons, cette colère légitime. Nous appelons donc, dans le respect de l'autonomie et de la spontanéité de ces mobilisations de jeunesse, à déclarer la grève au sein de nos institutions, de manière à dégager le temps nécessaire pour nous tenir à leurs côtés, dans les manifestations et sur les blocus, afin de leur assurer notre soutien et de prendre soin d'elles et eux si nécessaire.
Pour permettre de bâtir un mouvement social d'ampleur, nous nous opposons vivement au recours au distanciel. Ce dispositif - qui pose déjà de nombreux problèmes d'égalité devant l'enseignement - constitue un moyen de contourner la mobilisation en cours. Nous appelons donc nos collègues à se prononcer massivement en défaveur de son usage. Plus largement, nous dénonçons les fermetures administratives préventives et les interventions policières sur les campus, qui empêchent les étudiant·es de se réunir et de s'organiser dans des lieux qui leur appartiennent avant tout.
Nous appelons nos collègues personnels de Paris I et Paris IV - tous départements et statuts confondus - à se joindre à nous lors de l'assemblée générale professionnelle qui se tiendra le lundi 12 octobre à 11h en amphi Descartes (centre Sorbonne).
Nous appelons enfin à descendre massivement dans la rue le mardi 13 octobre pour se joindre aux jeunes dans leur marche vers Matignon.