LOPRI: analyse du SNESUP
Communiqué de presse
Paris, le 8 février 2005
PROJET DE LOI SUR LA RECHERCHE ET L'INNOVATION :
ASSERVISSEMENT DE LA RECHERCHE PUBLIQUE
Le projet de Loi d'Orientation et de Programmation de la Recherche et de l'Innovation (LOPRI), en date du 19 janvier 2005, prétend inscrire dans la loi la logique gouvernementale du document de travail du 7 janvier : pilotage technocratique et asservissement de la recherche aux intérêts privés. Ce projet soumet le service public d'enseignement supérieur et de recherche à la pauvreté des exercices budgétaires, sans objectif de développement et sans celui de 3 % du PIB. Les seuls efforts budgétaires pour la recherche sont destinés aux entreprises privées essentiellement sous forme de dégrèvements fiscaux considérables.
Sont confirmés dans ce projet de loi le Haut Conseil de la Recherche et de l'Innovation (HCRI), composé de 20 membres nommés par le pouvoir politique sur 25, et l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), institutions technocratiques chargées d'orienter prioritairement l'effort national vers les priorités gouvernementales et la recherche privée, au détriment des crédits récurrents de base.
La fusion proposée du Comité National de l'Evaluation (CNE) et du Comité National d'Evaluation de la Recherche (CNER) est dans ce contexte une mesure qui remettrait en cause la complémentarité des universités et des organismes. Celle du CNU et du Comité National de la Recherche Scientifique (CoNRS) menacerait la spécificité de l'évaluation des deux métiers, et notamment la prise en compte de l'ensemble des missions des enseignants-chercheurs. C'est le risque d'une mise en place progressive d'un statut unique de chercheur-enseignant.
Sur les PRES version Fillon, le gouvernement man?uvre en recul en faisant quelques modifications marginales de ses projets concernant ces Pôles, mais maintient l'objectif central de son projet d'établissements publics de coopération scientifique (EPCS) : en faire le Cheval de Troie qui démembrerait à terme les universités, mettrait en place des universités dites d'excellence en sacrifiant les autres, et ouvrirait la possibilité de recrutements sur postes de contractuels et de droit privé.
Dans cette logique, le projet ne retient aucun principe de programmation, n'engage aucune programmation des emplois et des crédits pour le service public d'enseignement supérieur et de recherche et n'envisage aucune mesure pour résoudre la précarité des doctorants et des jeunes docteurs.
Alertant la communauté scientifique et au-delà sur le caractère dangereux de ce projet, le SNESUP-FSU appelle les personnels, les étudiants, à se rassembler dans l'unité la plus large et à faire front commun.
- Il appelle à
- signer massivement la pétition SLR : " Nous sauverons la recherche ", du 1er février 2005,
- faire prendre par les sections du CNU et du Comité National et dans toutes les instances scientifiques, par les différents conseils des établissements, des positions dans les établissements d'enseignement supérieur sur le contenu du projet de LOPRI,
- se mobiliser le 15 février pour le retrait des deux projets de loi Fillon Scolaire et Recherche,
- préparer dans les établissements, en concertation la plus large, une journée " Universités en colère " sur la période fin février, début mars,
- fixer un nouveau rendez-vous national unitaire pour la recherche et l'enseignement supérieur début mars.