Liste aptitude PRAG 2005

Publié le 4 mai 2005

C.A.P.N. d?accès au corps des professeurs agrégés par liste d?aptitude (décret de 1972 modifié), des 26, 27 et 28 avril 2005.

 

Après avoir souscrit au contenu de la déclaration faite par le S.N.E.S., le Snesup a, pour ce qui le concerne, tenu à faire les observations liminaires suivantes.

S?agissant du contexte général, il a, une fois encore, considéré que l?on ne pouvait isoler les travaux de la C.A.P.N. de la politique actuelle du ministère de l?éducation nationale et de la recherche en matière de formation, de recrutement, de recherche, de gestion des personnels.

Il a rappelé les actions des personnels de la  recherche qui ont finalement obtenu la création de 3000 postes, la loi sur l?école, la mise en place d?un L.M.D. avec des moyens insuffisants, les nouvelles règles qu?impose la LOLF, les dispositions détestables que créent désormais les nouvelles circulaires en matière de gestion de carrière.

Il a surtout insisté sur la nécessité de recruter en nombre suffisant des personnels qualifiés et notamment des professeurs agrégés, lesquels ont vocation à intervenir tant dans l?enseignement secondaire que dans l?enseignement supérieur. Or, ce recrutement reste tout à fait insuffisant, au moment même où les départs à la retraite vont  nécessairement imposer un renouvellement du corps enseignant.

Il a finalement conclu ce premier point en soulignant l?impérieuse nécessité d?une formation exigeante et d?un investissement éducatif à la hauteur des besoins, afin de construire un avenir  beaucoup plus  ambitieux.

 

S?agissant ensuite des travaux relatifs à la C.A.P.N. des professeurs agrégés, nous avons fait observer que recrutement et possibilités de promotions restaient arithmétiquement liés. Ces dernières sont en nombre insuffisant, rendant les choix difficiles en écartant de très bons candidats. Nous avons rappelé notre attachement à des procédures transparentes qui conduiraient à un traitement équitable des dossiers. Nombre de collègues qui le mériteraient largement ne sont pas promus, nombre d?excellents dossiers sont laissés sur le bord du chemin et les commissaires paritaires restent toujours insatisfaits des résultats d?un travail qu?ils ont toujours préparé avec soin. Nous avions, en conséquence, l?année dernière, alerté l?inspection générale sur l?existence de quelques dossiers remarquables qui n?ont pas été retenus par les recteurs. Le résultat n?a pas été, hélas, à la mesure de nos espérances.

  Un barème qui prendrait notamment en compte le mode d?accès au corps, la bi-admissibilité à l?agrégation, les titres universitaires, l?investissement pédagogique et administratif, serait donc fortement souhaitable. La procédure instituée en 1990 par un décret spécifique et statutaire, appliqué à cette époque pour gérer une procédure de rattrapage, conviendrait mieux que l?actuelle procédure : les propositions faites étaient classées par les présidents des universités ou les directeurs d?écoles et d?Iufm, par académie, et étaient toutes soumises à la C.A.P.N.

 

 Pour cette campagne, il y a eu 13865 candidatures (environ 15000, l?an dernier)  sur 156216 certifiés promouvables et, parmi celles-ci, 1756 propositions rectorales dont 251 pour le supérieur (respectivement 1770 et 264 en 2003-04). Le nombre de promotions possibles était de 398 (contre 378). Nous avons obtenu 32 postes (contre 39 en 2004) ainsi qu?une inscription en liste complémentaire, soit 8 % de l?ensemble (un rappel : notre part dans l?ensemble des certifiés n?est que de 2,5 % environ).

Il convient de souligner le net changement d?orientation de l?administration centrale quant à la philosophie de la liste d?aptitude. Désormais, il ne s?agit plus exclusivement de promouvoir des professeurs particulièrement méritants, mais aussi, et surtout, de recruter dans un nouveau corps. Ceci implique que les promus puissent encore se consacrer assez longuement à l?exercice de leur métier. Aussi, sauf à de très rares exceptions, la promotion a-t-elle été refusée aux professeurs de plus de 60 ans et également à ceux qui se trouvent en CPA. Faut-il préciser que la représentation syndicale a unanimement protesté contre ces mesures ? Celles-ci entretiennent l?amertume et la ranc?ur, si souvent exprimées par nos collègues, face à un manque réel de reconnaissance. De surcroît, elles sont en contradiction avec le désir affiché de maintenir un taux d?activité élevé au-delà de 55 ans. Si, à ce traitement injustifiable, on ajoute les promotions à la discrétion de l?administration centrale, que le Snesup a, avec l?ensemble de la parité syndicale vigoureusement condamnées, tant au nom des principes que des valeurs qui sont adossées à ces derniers, on comprendra que cette session 2005 a nettement manqué de la sérénité nécessaire à un traitement équitable des dossiers.

 

Quelques précisions supplémentaires sur les données statistiques. L?âge moyen des promus est de 57,2 ans (contre 55,7 pour la totalité de la liste), stable par rapport à l?année dernière. Le plus jeune est né en 1958 (promotion discrétionnaire) et le plus âgé en 1943. 88 % des promus ont entre 55 et 60 ans et près des ¾ ont entre 56 et 59 ans. La part des IUFM est en nette augmentation : 47 % contre 36 % en 2004. Celle des IUT également : elle représente 47 % des promotions de l?université. Enfin, le pourcentage de femmes nommées est, comme l?an dernier, beaucoup trop faible (25 %). Il faut néanmoins préciser que les femmes ne représentent que 26,7 % des propositions rectorales. Notons encore que les femmes promues, second degré et supérieur confondus, sont nettement plus nombreuses (un peu plus de 46 %), ce qui permet d?illustrer un phénomène bien connu, celui de la sous-représentation des femmes dans l?enseignement supérieur.

Le détail des nominations, par discipline et par académie, figure dans les deux tableaux ci-dessous.  

 

Bilan par discipline

 

Disciplines

Candidats

retenus par les rectorats

Nombre de nomina-tions 2005

 Rappel nomina-tions 2004

Rappel

Nomina-tions

2003

Rappel

Nomina-tions

2002

Rappel nomina-tions

2001

Total sur 5 années

Lettres modernes

24

1

1

3

6

4

15

Philosophie

9

1

2

2

1

0

6

Lettres classiques

8

0

0

1

2

1

4

Allemand

8

1

1

1

1

1

5

Anglais

29

5

7

3

4

0

19

Espagnol

2

1

0

0

1

0

2

Russe

2

0

0

0

0

0

0

Histoire-géographie

11

3

2

1

2

3

11

Sciences sociales

6

0

1

0

1

0

2

SVT

6

1

2

1

1

0

5

Mathématiques

32

8

7

5

6

6

32

Sciences physiques

19

3

2

2

2

1

10

Éducation musicale

3

1

1

0

1

0

3

Arts plastiques

3

0

1

0

1

0

2

Arts appliqués

2

0

1

0

0

0

1

EPS

36

5

5

3

3

4

20

Génie civil

3

0

0

0