LE MARDI 18 MARS IUFM : TOUS EN
GRÈVE
Les personnels enseignants et ATOS des IUFM ont des raisons particulièrement
fortes de participer massivement à la grève unitaire de l'enseignement du 18
mars.
Les personnels ATOS sont directement concernés par les annonces de
Jean-Pierre
RAFFARIN à Rouen le 28 février, qui, dans le cadre du projet
gouvernemental
de décentralisation, prévoient leur transfert aux
collectivités territoriales.
Les personnels enseignants ne peuvent que réagir avec vigueur aux
orientations
pour les IUFM du Ministre, telles qu'elles ont été présentées
le
10 mars à une délégation commune SNESUP, SNES, SNUIPP, SNEP, SNUEP.
Au cours de cette rencontre, le Ministre a laissé le soin, pour l'essentiel,
à Jean-Louis NEMBRINI, son conseiller sur ce dossier, inspecteur général
par
ailleurs, de les décliner.
Si les choses devaient rester en l'état jusqu'à la communication du Ministre
au Conseil des Ministres du 2 avril 2003, il serait décidé :
1) que ne serait évaluer à l'issue de la 2è année d'IUFM que le seul stage
en responsabilité ; allongé à 7h/9h hebdomadaire pour les PLC et, en sus
des
semaines déjà programmées pour les PE, d'une journée hebdomadaire
supplémentaire au moins dans les classes.
En conséquence :
exit le mémoire professionnel (un simple bilan d'activité serait présenté au
jury académique). Exit aussi toute évaluation de
compléments de formation.
2) Que les orientations pédaogiques des IUFM seraient sous la tutelle de la
Direction des Enseignements Scolaires (DESCO), sous le contrôle du Recteur,
via leur prépondérance dans les CA et CSP et que les IUFM seraient évalués
par
l'Inspection Générale.
Exit donc le caractère universitaire des IUFM
; exit aussi la formation à
un métier de conception fondé sur
la liberté d'initiative des professeurs et
la capacité des IUFM à
élaborer leurs plans de formation.
3) Que pour les stages, les IUFM ne seraient plus qu'une simple agence de
moyens.
4) Que le noyau de formateurs permanents serait progressivement réduit.
Au total, outre qu'il s'agit d'une dénaturation complète du projet initial
des IUFM, ils deviendraient aussi une coquille presque vide pilotée par
le
pouvoir politique. On tournerait ainsi le dos à une formation
des
enseignants au service de l'école de la République.
Pour les PLC comme pour les PE, c'est le retour de l'ancien modèle des
Centres Pédagogiques Régionaux (CPR) des années 60-70, tant critiqué et
décrié pourtant.
C'est une régression du niveau de formation des maîtres en terme de
formation
professionnelle complète : disciplinaire, didactique, pédagogique.
C'est
une régression en terme de relation de la théorie et de la pratique et
du recul critique sur la pratique.
C'est le recul
sur l'ambition de se servir de la formation des maîtres comme
levier
pour améliorer l'état de l'école et relancer sa démocratisation.
Eu égard à de telles attaques les 5 syndicats de la FSU ont envoyé le
lendemain
de la rencontre avec le Ministre, une lettre que vous trouverez
ci-jointe.
Ensemble, dans cette lettre, ils affirment leurs exigences communes et leur
refus des régressions annoncées.
A l'issue du 18 mars, ils rencontreront à nouveau le Ministre.
Si nous nous mobilisons massivement le Mardi 18 mars et jusqu'à la fin du mois,
il est possible de faire revoir cette mauvaise copie, véritable "chronique
de la mort annoncée" des IUFM.
Le 18 mars, le SNESUP demande aux personnels des IUFM de faire grève, de se
réunir en Assemblée Générale pour débattre du contenu du projet ministériel
qui reprend pour l'essentiel celui de l'Inspection Générale et pour décider
des suites à donner à l'action.
Il leur demande de se rassembler de la manière la plus unitaire et la plus
large possible, y compris avec les directions ; il leur demande d'associer
à
la réflexion les universitaires concernés par la formation des
maîtres. Il
demande aux sections de faire connaître la lettre des
5 syndicats de la FSU
et de rendre aussi public le contenu de ce
message.
La Direction Nationale se tient à la disposition de tous pour toute
information
et intervention souhaitée.
MARDI 18 MARS : GREVE GENERALE DES IUFM
Maurice HERIN
Secrétaire Général du SNESUP
Gérard BOUCHET
Responsable du Collectif Formation des Enseignants
François BOUILLON
Secrétaire National
Responsable des Formations
Supérieures