Les nouvelles manières du Hcéres

Publié le 30 janvier 2026

Par EMMANUEL DE LESCURE, secrétaire général

Après la crise du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) suscitée par la vague E d’évaluation et la mobilisation qu’elle a déclenchée, sa nouvelle présidente, Coralie Chevallier, nommée en mars 2025, s’engage dans une refonte des modalités d’évaluation (en plus d’une transformation de la gestion interne et de la création d’un pôle destiné aux établissements privés). Elle a promu un nouveau cadre, en décembre, devant les membres du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), puis le 14 janvier devant les députés de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

« REDONNER DU SENS »

Après une phase de concertation avec les parties prenantes, elle propose de simplifier l’évaluation, de la personnaliser et de l’assouplir pour lui « redonner du sens ». L’évaluation des établissements, des formations et de la recherche se fera dorénavant tous les six ans, « en respectant l’autonomie des établissements » pour promouvoir une « amélioration continue » et nourrir le « dialogue stratégique » interne et avec les tutelles. Elle a annoncé la suppression du recours aux fichiers Excel, les données seront transmises dans un format choisi par l’établissement. En outre, l’évaluation ne consistera plus en un contrôle de conformité, qui se verra substituer la création d’un « cadre propice à l’analyse réflexive ». Les référentiels et leurs multiples critères seront également remplacés par un nombre restreint de thématiques.

Ce nouveau cadre ne peut satisfaire pleinement le SNESUP-FSU, qui défend une évaluation par des pair·es élu·es.

Si une transformation du système d’évaluation de l’ESR était pour le moins attendue, ce nouveau cadre constitue-t-il une rupture suffisante ? Il ne peut satisfaire pleinement le SNESUP-FSU, qui défend une évaluation par des pair·es élu·es et non par des expert·es nommé·es, et de nombreuses questions subsistent, en particulier la manière dont les établissements s’en saisiront (abandonneront-ils eux aussi les fichiers Excel ?) et la possible instrumentalisation de l’évaluation dans la mise en place des COMP 100 % et leur négociation.