Les dessous de la réforme de la formation des enseignants

Publié le 12 mars 2009

Les dessous de la réforme de la formation des enseignants

  • par Gisèle Jean - Action Syndicale

Assurer la relance de la démocratisation de l’école devrait aujourd’hui être une priorité politique. Le système de formation des enseignants est un des leviers importants pour changer le système éducatif. C’est justement ce à quoi s’attaque le président lorsque, sous couvert de « mastérisation », il annonce la suppression des IUFM et l’année de formation rémunérée.

Parce qu’enseigner est un métier qui s’apprend et se choisit en connaissance de cause, la FSU, première fédération de la fonction publique, demande une amélioration de la formation initiale et continue des enseignants, en intégrant mieux la formation professionnelle à la formation universitaire tout au long du cursus. Cela passe par un développement de la recherche en éducation qui devrait être intégrée dans les enseignements.

Toute réforme de la formation devrait prendre le temps de rassembler tous les acteurs participant à la formation sur des objectifs communs. Ce n’est pas cette réforme que les ministères tentent de mettre en oeuvre. Bien que le master devienne le diplôme nécessaire pour enseigner, leur objectif n’est pas une meilleure professionnalisation des enseignants pour une relance de la démocratisation, ni même une revalorisation du métier comme ils l’annoncent. Au contraire, c’est un moyen de modifier en profondeur le recrutement et la formation des enseignants, d’aller vers un désengagement de l’État et une réduction des coûts et du service public.

Sous couvert d’universitarisation, et en s’appuyant sur la LRU, le pouvoir politique tente de supprimer les « écoles d’enseignants » que sont les IUFM au profit d’un « compagnonnage » très limité. Il met les universités en concurrence, persuadé que c’est ainsi qu’elles construiront les meilleurs masters pour les futurs enseignants. Cette réforme fait aujourd’hui l’unanimité contre elle. La conférence des présidents d’université elle-même a demandé le report d’un an de cette réforme, pour prendre le temps d’une réelle concertation. Mais le gouvernement ne veut rien céder. Pour Darcos, pas besoin de l’État pour avoir des enseignants bien formés, la loi du marché le remplace ! Le problème, c’est que toute attaque du service public génère des inégalités ! Il risque par exemple ne pas y avoir suffisamment d’enseignants bien formés, faute d’une offre homogène sur l’ensemble du territoire, faute d’un cadrage national, faute d’un financement équitable des centres de formation. S’instaurera alors une concurrence entre établissements scolaires, entre académies. Voilà pourquoi la réforme de la formation telle qu’elle se présente doit être combattue. Les véritables objectifs doivent être dénoncés, en même temps que doit être portée une véritable ambition pour améliorer la formation universitaire professionnelle des enseignants dans une structure de type IUFM forte et une véritable revalorisation de ce métier à haute responsabilité sociale. C’est un enjeu déterminant pour une véritable démocratisation de l’école.