Le feuilleton de l'EIVL

Publié le 16 février 2006

Communiqué de presse 16 février 2006

CHICHE, M. DE VILLEPIN !
UNE BIEN CURIEUSE AFFAIRE DANS UNE ÉCOLE D’INGÉNIEURS

Contrairement à ce qu’indique la convocation du CNESER pour le 20 février 2006, reprise dans une dépêche de l’AEF du 15 février, le retour sur la table de cette instance de l’enseignement supérieur du changement de statut de l’EIVL (Ecole d’ingénieurs actuellement rattachée à l’Université de Tours) n’est pas lié à l’absence de contre-propositions. Tout au contraire.

Mais, rappelons brièvement quelques faits :

Cette Ecole, créée il y a une dizaine d’années comme composante de l’Université de Tours, voit ses effectifs fondre depuis plusieurs années et des dysfonctionnements lourds tant en matière d’enseignement, de recherche, d’administration perdurer au point que l’habilitation à délivrer le titre d’ingénieur n’est délivrée qu’à titre exceptionnel pour une durée d’un an… depuis trois ans !

Les collectivités locales, mairie de Blois et département, qui ne cessent depuis plusieurs années de réclamer l’autonomie de cet établissement, avivant ainsi une stérile opposition entre étudiants et personnels de Blois et l’adossement scientifique et pédagogique de l’Université de Tours, portent une responsabilité écrasante dans cette situation.
Le CNESER, convoqué sur cet ordre du jour le 12 décembre dernier, avait reporté toute décision. Ce délai devait permettre des contre-propositions au projet de municipalisation de cette école par le biais d’un changement de statut, la transformant en E. N. I. (la ville de Blois apportant des subventions de fonctionnement !)

En effet, un sursaut pour cette Ecole est possible, les personnels y ont travaillé tant à Blois qu’à Tours, proposant une formule originale de « campus technologique ».

Le 5 janvier dernier, le Ministre Gilles de Robien, de passage à Tours, confirmait encore au président de l’université et au secrétaire général du SNESUP la disponibilité du ministère pour une solution scientifique et pédagogique interne à l’université de Tours. Mais les services du Ministère se sont absolument opposés à toute concertation : refus de communiquer les rapports d’évaluation, en particulier celui de Guy Gautherin, refus d’organiser une table ronde entre toutes les parties concernées (université de Tours, collectivités locales, étudiants, personnels et syndicats, etc…).
Ce revirement soudain est-il dû à des tractations et combines internes à l’UDF (le maire de Blois et le président du conseil général appartiennent à cette formation) ?

Le SNESUP réclame à nouveau que le projet de « campus technologique blésois », longuement discuté par les acteurs, associant l’EIVL, l’IUT de Blois et l’IUP de Blois, et adopté à l’unanimité par le conseil d’administration de l’université de Tours, soit discuté et adopté sans délai. On peut relever que ce dispositif original, nourri de l’expérience des acteurs, vise à constituer une entité nouvelle en capacité de délivrer des formations, des qualifications diversifiées et élevées et à jouer un véritable rôle d’ascenseur social. C’est d’ailleurs en ce sens que le SNESUP s’est solennellement adressé au Premier Ministre, reprenant dans sa lettre les propos d’un conseiller du Président de la République (voir pièce jointe).


Aujourd’hui, alors que se prépare avec les PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur) prévus par le « pacte recherche », la constitution d’établissements gigantesques de plusieurs dizaines de milliers d’étudiants et de milliers d’enseignants-chercheurs, est-il raisonnable de rendre autonome une école qui a moins de 350 étudiants inscrits encadrés par seulement 4 professeurs d’université, 8 maîtres de conférences et 13 enseignants de statut second degré, plus de nombreux vacataires ? Ecole qui fonctionne comme un milieu fermé posé en victime du monde universitaire. On notera aussi les liens ambigus entretenus avec le monde politico-économique de Blois, un président du conseil d’administration reconduit dans ses fonctions de manière curieuse depuis plus de dix ans, un CA qui d’ailleurs ne siège plus, une sur-détermination de liens endogènes divers tant familiaux que de formation (deux des quatre professeurs d’université sont d’anciens collaborateurs du troisième….).

Cette situation est indigne de notre système public d’enseignement supérieur et de recherche. C’est le sens de l’adresse du SNESUP au Premier Ministre et c’est ce qui nous conduit à alerter avec gravité la presse nationale.


Paris, le 16 février 2006

Pièce jointe : Lettre à M. de Villepin
Le lourd document de projet de campus technologique blésois et les pièces annexes de cette affaire peuvent être envoyés aux journalistes sur demande