l'Université selon la MEC

Publié le 16 juin 2006

Communiqué de presse
16/06/2006


COMMUNIQUE DE PRESSE

SYNDICAT NATIONAL DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
78, rue du Faubourg Saint-Denis 75010 - PARIS
Tél. : 0144799621
Fax : 0142462656
Courriel : sg@snesup.fr
Paris, le 16 juin 2006
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A Mesdames et Messieurs les Journalistes




La  Mission  d’Evaluation et de Contrôle (MEC), issue de la commission des  finances  de  l’Assemblée  Nationale, formule 23 propositions sur l’organisation des universités. 


Ces  propositions  rendues  publiques  le  14  juin,  et  communiquées prioritairement  à  la  presse  et  pas  aux  organisations syndicales représentatives,  s’inspirent  lourdement des présupposés idéologiques libéraux  de l’un de ses initiateurs, Pierre Méhaignerie, et du corpus auto-déclaré  de  la  Conférence des Présidents d’Université qui vient d’ailleurs  de  les approuver. C’est contre de telles propositions que les  universitaires  et  les  étudiants se sont battus en 2002 et 2003 mettant en échec le projet Ferry.

Ce   catalogue   vise  à  accentuer  le  caractère  concurrentiel  de l’autonomie  des  universités  et  son management calqué sur celui des grandes  entreprises  privées,  lequel  n’a  pas  fait  preuve jusqu’à présent  d’une  efficacité  ni  en  matière  de  service public, ni en matière d’avancées sociales.

Sont   envisagées,  et  en  premier  lieu,  ce  qui  n’est  pas  sans signification,  des  dispositions  quasi monarchiques : renouvellement possible  du  mandat du président et droit de veto de celui-ci sur les recrutements,  contractualisation  de chaque enseignant-chercheur avec l’établissement qui répartirait de manière pluriannuelle ses activités entre enseignement, recherche, etc.    

Des  mesures  visant à aggraver l’effet de la LOLF sur les budgets des établissements,  à  désengager  l’Etat  de  la  gestion  du patrimoine universitaire, à inciter à la constitution de PRES, voire à forcer des regroupements  transdisciplinaires  arbitraires  d’UFR. Une conception technocratique des universités serait instaurée avec la « valorisation »  des fonctions de secrétaire général et plus largement des cadres de direction.  Il  faut aller à la dernière mesure pour trouver la marque des  préoccupations  des  universitaires et des étudiants : accueillir tous les bacheliers volontaires issus des filières technologiques dans des  formations  supérieures  courtes. Une seule prise en compte d’une exigence  de  démocratie  qui  est  une  revendication  syndicale : la suppression  de  la  possibilité de panachage des listes aux élections des  conseils.  Certes,  une  remise  à  plat  du calcul de la DGF est envisagée, mais sans échéance et sans moyens supplémentaires annoncés.

Ces   dernières   dispositions  ne  sauraient  masquer  le  caractère essentiellement anti-démocratique, technocratique et concurrentiel des recommandations de ce rapport de complaisance qui casse les statuts et fragilise  les  missions des enseignants-chercheurs. Le SNESUP appelle les  universitaires à mettre en échec ces nouvelles dérives, à obtenir les  postes  (universitaires  et  IATOS)  et  les  moyens  financiers nécessaires  à  une  authentique démocratisation de notre enseignement supérieur.      

Paris, le 16 juin 2006