Interventions S. Tassel : Introduction - Thème 4 - Action
Publié le 3 février 2010
- Intervention préambule SG du SNESUP-FSU 7minutes
Ce congrès de notre fédération s'ouvre un an après que l'enseignement supérieur et la recherche ont été marqués par le conflit le plus important de ces 5 dernières décennies. Devant le processus gouvernemental sans précédent d'atomisation du service public d'enseignement supérieur et de recherche, de nos statuts de fonctionnaires, de nos missions, le SNESUP a pris ses responsabilités, produisant ses analyses, impulsant, et portant - 4 mois durant, sans interruption - une puissante mobilisation -historique à plus d'un titre- dans tous les établissements, toutes les universités, sur l'ensemble du territoire dont l'unité et la durée feront date ! Par deux fois les manifestations unissant la communauté universitaire ont mobilisé plus de 100 000 personnes en France !
Pour nos libertés scientifiques et pédagogiques, leurs garanties inaliénables, nous avons combattu sans réserves : le nouveau mode de recrutement des enseignants chercheurs, le droit de veto donné aux présidents d'universités, la gestion et l'individualisation des carrières et l'attribution discrétionnaire des primes (comme la PES), le « management » local des présidents d'universités aux pouvoirs démesurés.
Les risques que font courir ces pouvoirs et le localisme inscrits dans le décret modifiant les statuts des enseignants chercheurs, et probablement - très bientôt - transposés aux agrégés et certifiés , ont nourri notre combat résolu hier et demain, conditionneront nos luttes dans les établissements pour défendre les collègues et les soustraire aux pressions qui entravent leurs activités.
Conséquence de la loi Libertés et Responsabilités des Universités votée il y a deux ans et demi, après la loi dite « pacte pour la recherche » de 2006, le passage aux « Responsabilités et Compétences Elargies » de la majorité des universités transfère aux universités les compétences de l'Etat tant en matière de budget, de masse salariale, que de politique d'emplois ou de gestion des personnels. Dans ce cadre, jamais les activités des universitaires, jamais le fonctionnement des établissements n'ont été inféodés à ce point aux exigences du gouvernement. Jamais les fondements démocratiques et collégiaux de l'université n'ont été à ce point fragilisés.
La loi LRU, un galop d'essai ... la réforme du lycée, son avatar ... C'est au travers de ce changement de paradigme (autonomie dévoyée, autoritarisme des chefs d'établissements, entraves des libertés) que l'ambition gouvernementale pour le système éducatif doit être mesurée et particulièrement son projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants : une régression sans précédent pour toute la société ! Cela a été l'un des quatre axes revendicatifs de la communauté universitaire l'an passé et cela reste un des sujets majeurs des débats cette année. Malgré nos efforts, la position de la fédération a parfois été peu audible.
Il n'est pas question de jeter l'accusation sur qui que ce soit, l'absence de certaines convergences doit d'une part nous interroger et d'autre part nous engager ensemble au dépassement de ce qui nous divise parfois pour porter et développer ce qui nous unit : élever réellement le niveau de qualification des enseignants, pour favoriser la démocratisation de l'accès et de la réussite des élèves et des étudiants, de la maternelle à l'université.
Nous avons obtenu des dispositions transitoires, et une forme de report de cette réforme, nous devons être en mesure d'obtenir son retrait pour une toute autre réforme !
En cette période de disette pour le service public, de suppressions massives d'emplois en particulier dans l'éducation, nous avons obtenu le gel des suppressions d'emplois dans l'enseignement supérieur puis la recherche prévues pour 2010 et pour l'année suivante.
Même si ces inflexions à la politique gouvernementale sont insuffisantes, en particulier concernant la recherche - mais je laisserai le SNCS le développer - elles ne sont pas les seules que le gouvernement a dû concéder : le retour de l'intervention d'une instance nationale comportant des élus - le Conseil National des Universités - dans les promotions et congés sabbatiques, est politiquement important, mais reste fragile. Les revendications de la communauté universitaire attendent des réponses, pas des plans de communication, d'autosatisfaction gouvernementale. Nous ne sommes pas dupes !
Le gouvernement ne s'est pas arrêté là ! Ses attaques continuent ! La recomposition à marche forcée du tissu universitaire et de la recherche publique, en 5 à 10 « campus d'excellence », au service d'intérêts économiques immédiats, la création des Alliances thématiques au détriment des organismes de recherche, l'accélération par le « plan campus » et un « grand emprunt » aux répartitions extrêmement sélectives et opaques, consacre la mise en place d'une université à deux vitesses. Le gouvernement délaisse les universités de proximité et privilégie les grandes écoles comme seul lieu d'excellence pour une minorité socialement favorisée, tout en annonçant des augmentations trompeuses du nombre de boursiers. Pire, il veut favoriser l'enseignement supérieur privé, lui permettre de délivrer des diplômes nationaux comme la licence ou le master. Tournant le dos au large vivier des universités, le gouvernement entretient la défiance envers une université à même d'irriguer de sa créativité l'ensemble des emplois publics et privés... d'irriguer l'ensemble de la société pour mieux satisfaire ses besoins.
A tous les niveaux, le gouvernement tente d'imposer la concurrence, stérile et épuisante, comme seul vecteur d'efficacité. A un moment où la tentation de se replier sur soi est grande, imposer des alternatives accessibles est de notre responsabilité.
Construire et gagner sur de nouveaux terrains ne se fera pas sans rapport de force dans l'unité ! Pour nos collègues, pour le service public, pour la société, notre responsabilité est immense ! La lutte paye et rien n'est inéluctable ! Cela vaut pour hier, aujourd'hui et demain.
Merci.
- Intervention SG du SNESUP-FSU Thème 4 – 2 minutes
Quel avenir pour le FSU ?
Je ne reviendrais pas dans mon propos sur le questionnement posé pour le SNESUP par Carole Hoffmann concernant la nécessité, pour la fédération, d’être en capacité de prendre en compte et de répondre aux questions transversales aux champs syndicaux tant il est essentiel de croiser nos points de vue.
A ce titre, il est fondamental de renforcer la capacité de travail de la direction de la FSU –l’élargissement du secrétariat national est un élément de réponse- il ne doit pas effacer le besoin de faire fonctionner tous les secteurs de la FSU, initiant et brassant les idées.
Sur un autre point important figurant dans le texte proposé, l’appel à l’unité à d’autres organisations syndicales doit porter sur l’action, les luttes ET sur la réflexion commune.
Les initiatives qui ont eu lieu et celles qui sont à venir doivent s’appuyer sur une volonté crédible permettant de rendre disponible la fédération, ses syndicats nationaux, ses sections départementales et ses militants à la co-construction contribuant à dessiner les alternatives accessibles pour la société.
Nous proposons d’amender les lignes
L-217 : La FSU se prononce et est disponible pour une dynamique sur la base …
L-232 : le congrès lance un appel à confirmer l’engagement de la FSU dans son dialogue avec …
- Intervention SG du SNESUP-FSU Action – 2 :30 minutes
Le service public d‘enseignement supérieur et de recherche fait l’objet d’une recomposition, d’un remembrement, sans précédent. Loin de se borner à une réorganisation de façade, nous devons faire face à une atomisation de la fonction publique, à l’effacement du service public.
Les prises de décisions –très commentées dans la presse- du CA du grand établissement « Paris-Dauphine » sont un signal avant coureur du renforcement d‘une stratégie duale réservant l’excellence à une minorité socialement favorisée. Cette vente à la découpe contingentant l’excellence à une élite, triée sur le volet et délaissant les universités de proximité, creusant les inégalités entre les établissements, les formations, les étudiants.
Je l’avais dit en introduction, la réforme gouvernementale de la formation des maîtres, régressive à bien des égards, reste un des sujets majeurs des débats cette année. Nous devons tous nous engager à résister et à lutter pour obtenir le retrait de cette réforme qui met en péril la formation professionnelle, les IUFM et bouleverse l’offre de masters et la recherche publique dans sa globalité.
A ces réformes néolibérales, s’ajoutent des modifications statutaires à l’œuvre depuis le début de l’année universitaire qui consacrent les clientélismes locaux. Les ravages liés à l’éclatement de la fonction publique d’état, à la mise en concurrence à tout les niveaux comme seul moteur d’efficacité de l’enseignement supérieur et de la recherche sont des conséquences de la loi LRU.
Nos analyses qui nous ont conduit à condamner, dès juin 2007, et exiger son abrogation se voient, jour après jour, confirmées. La puissance des mobilisations du premier semestre 2009 sont à la hauteur des menaces. Nous sommes toujours dans l’attente de réponses à nos revendications.
Rien n’est inéluctable, les rapports de forces sont à reconstruire, pour satisfaire nos revendications et contribuer à bâtir ensemble les alternatives aux politiques actuelles !
Pour terminer, une remarque concernant la présentation par Claire Bornais de la motion EE-PSO/SNESUP portant sur la réforme de la formation des enseignants. La référence au mandat voté en CAN est approximative et l’absence de mandat portant sur les sujets de concours me font appeler à voter contre cette motion.