Institut des Sciences Sociales de l’Université de Lille

Publié le 15 octobre 2026

Motion votée par l’AG de l’Institut  des Sciences Sociales le lundi 12 octobre, à l’unanimité des membres présent.es

Nous, personnels enseignants-chercheurs et administratifs, titulaires et précaires, tenons à affirmer notre soutien aux revendications étudiantes et lycéennes (pour des investissements massifs dans l’éducation pour l’amélioration des conditions d’étude ; refus des discriminations à l’encontre des étudiants extra-européens, via les frais d’inscription différenciés prévus par Bienvenue en France ; refus des processus de sélection Parcoursup et Monmaster). Nous nous indignons de la répression policière opposée à des modes de mobilisation que nous considérons comme justifiés.

Cette AG s’est tenue dehors, sur le campus Cité Scientifique, dans de mauvaises conditions, entre des bâtiments rendus inaccessibles par la fermeture administrative, pendant que se tenait, dans le même temps, une distribution alimentaire gérée par les étudiant.es elleux-mêmes. La fermeture administrative prive tous les membres de l’université, enseignant.es, chercheur.ses, personnels administratifs et étudiant.es de leurs espaces de vie et de travail, entrave la tenue des débats et entraîne une aggravation immédiate de la précarité étudiante. Les étudiant.es se voient privé.es d’accès aux restaurants universitaires, aux espaces de santé et autres lieux de vie étudiante. Nous réclamons la réouverture des lieux de vie étudiante et la mise à disposition d’espaces pour la tenue des débats liées à la mobilisation en cours.

Nous refusons de nous résoudre à cette fermeture administrative : d’autres choix sont possibles, comme à l’Université Gustave Eiffel ou Nanterre où il a été décidé la fin des fermetures avec banalisation des journées de mobilisation.

Concernant la continuité pédagogique, nous réaffirmons tout d’abord la règle du service fait, pour tous les personnels enseignants, titulaires comme précaires. La fermeture administrative n’étant pas de notre fait, il n’est pas admissible que nous ayons à nous y adapter. En particulier, nous refusons toute injonction au passage au distanciel, dont nous ne connaissons que trop bien les effets délétères sur la transmission des connaissances, sur les inégalités entre étudiant.es, sur le surcroît de travail induit et sur la santé mentale des personnels et des étudiant.es.

Ce passage en distanciel mais aussi les rattrapages sont en outre rendus particulièrement difficiles dans le contexte budgétaire, qui a entraîné une réduction considérable des maquettes et ne laisse place à aucune amélioration des conditions matérielles d’enseignement.

En tout état de cause, nous affirmons que les modalités pédagogiques qui pourraient être adoptées de manière ponctuelle et réfléchie (RDV à distance avec les étudiant.es, rencontres hors les murs) ne seront pas organisées pendant les temps forts de la mobilisation, ne donneront pas lieu à des contrôles d’assiduité et que les contenus dispensés pendant ces moments exceptionnels ne donneront pas lieu à évaluation.

Concernant les modalités de contrôle des connaissances dans leur ensemble, celles-ci sont pour le moment suspendues à l’évolution de la mobilisation.