FSU-retraites

Publié le 3 février 2003
Communiqué de la F.S.U. du 03/02/2003

RETRAITES : APRÈS LE DISCOURS DU PREMIER MINISTRE

Présentant le cadre et les principes qu?il fixe à la réforme des retraites, le Premier Ministre s?est déclaré ouvert à l?écoute et à la concertation. Toutefois, la tonalité de son discours devant le CES laisse présager que les propositions du gouvernement risquent d?abord de reposer sur de nouveaux sacrifices demandés aux salariés.

Il est caractéristique qu?il présente les régressions de1993 comme des mesures positives et parle de les « conforter », alors que la première urgence serait de les corriger pour stopper les dégradations qui touchent déjà les retraites du privé. Dans ce contexte, son appel à l?équité entre salariés du public et du privé (qui est actuellement une réalité en dépit de la diversité des régimes) ne peut être compris que comme la convergence dans les régressions.

Fondant son argumentation sur des données partielles, souvent alarmistes et parfois discutables, il minimise les effets possibles d?une politique ambitieuse de croissance et d?emploi. Il omet de rappeler que les besoins en financements supplémentaires d?ici 2040, s?ils sont importants, sont du même ordre que l?effort consenti ces 40 dernières années et d?autant plus faciles à atteindre que la productivité sera plus forte.

Son propos semble exonérer totalement les employeurs de leurs responsabilités, que ce soit en matière d?emploi ou de contribution, et n?évoque en aucune manière une évolution dans la répartition des richesses produites. Il affirme la nécessité de développer le taux d?emploi des travailleurs âgés sans pour autant remettre en cause les politiques de licenciements massifs et le refus d?adapter les conditions de travail.

Une réforme de progrès, répondant aux attentes qu?ont exprimées le 1er février les centaines de milliers de manifestants, doit se faire sur d?autres bases. C?est ce que défendra la FSU dans les discussions qui vont s?ouvrir, en proposant de faire converger les intérêts des salariés du privé et du public autour d?un droit à la retraite à taux plein à 60 ans, un taux de remplacement de 75% minimum avec 37,5 annuités et, dans ce cadre, des droits nouveaux.