Face à la restructuration de l’État, quelle FSU ? Fédérale ou intersyndicale ?
Face à la restructuration de l'État, quelle FSU ?
Fédérale ou intersyndicale ?
Vincent Charbonnier, CAN du SNESup, ÉÉ-PSO
La présidence sarkozienne est marquée par une restructuration lourde de l'État et de la fpe, qui interroge fondamentalement la structuration de la fsu, qui bouscule ses champs d'intervention, quoique de manière inégale, renforçant ainsi l'exigence d'un fonctionnement plus authentiquement fédéral.
Pour notre secteur, les implications de la lru, son « autonomie contrainte », achève tout un cycle de réformes antérieures (Pacte recherche, pres, etc.), conduisant à une quasi externalisation de l'esr, désormais à la lisière de la délégation de service public : l'État comme donneur d'ordres et non plus comme opérateur. Augmentée du poids croissant des Régions (notamment financier), qui se pensent dorénavant par référence au cadre européen et non plus métropolitain, et combinée à la réforme de l'État et de la fpe, nous sommes engagés dans une logique de défonctionnarisation « passive » par dérogation(s) systématique(s) au(x) statut(s) de la fpe, tout en sachant que la précarité, massive dans l'esr, est d'ores et déjà une défonctionnarisation par le fait (exerçant par surcroît une pression sur les statuts).
Dans ces conditions, se pose aussi la question cruciale de l'activité syndicale de la fsu, qui ne peut plus être, dans le meilleur des cas, une activité conjointe d'organisations (snasub, snesup, sncs) agissant « séparément-de concert » mais une activité immédiatement (nativement) fédérale. Celle-ci requiert par la construction de véritables sections fédérales d'établissements en lien étroit avec les sd de la fsu, lesquelles sont, en définitive, le pilier des deux autres piliers de la fédération, que sont les sn et les tendances, en ceci qu'elles territorialisent l'action syndicale. Ce faisant elles sont de nature à permettre la construction d'une véritable culture commune syndicale, fédérale en l'occurrence laquelle nous fait défaut parfois, comme lors de l'épisode de la « mastérisation » par exemple. Elles sont également le vecteur de construction d'une fsu offensive dans la perspective d'une recomposition syndicale nécessaire (1). Qu'on entende bien. Il ne s'agit pas plus d'annuler les particularités historiques et professionnelles que de s'y cloîtrer comme autant de principautés syndicales au prétexte de leurs spécificités. En somme, ni la fen, ni le sgen... mais une vraie fédération syndicale unitaire.
(1) Le simple fait que la fsu se soit nommée, lors de son congrès fondateur 1993, Fédération syndicale unitaire et non pas Fédération de l'enseignement par exemple, c'est-à-dire, non par référence à un/des champ(s) professionnel(s) mais à une modalité/pratique syndicale indique nettement qu'elle a rompu avec l'autonomie de la fen et qu'elle se dispose à concrètement œuvrer pour la recomposition syndicale. Dont acte...